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2 septembre 2026
Le rapport « La lutte contre la fraude aux prescriptions et aux facturations à l’assurance maladie* », publié le 20 août 2026, pointe du doigt les professionnels de santé libéraux.
L’Union Dentaire refuse cet amalgame entre professionnels de santé libéraux et fraude à l’Assurance maladie.
D’après le rapport, « il faut prioriser davantage les contrôles des professionnels de santé, porteurs de forts enjeux financiers, par rapport au contrôle des assurés afin d’augmenter le rendement de la lutte contre la fraude ». L’Union Dentaire refuse que les professionnels de santé libéraux soient des boucs émissaires, et en particulier les chirurgiens-dentistes libéraux.
Les chiffres officiels sont pourtant clairs. En 2025, l’Assurance maladie a détecté et stoppé 723 millions d’euros de fraudes** : 138 millions pour les centres de santé, 85 millions pour les audioprothésistes et 61 millions pour les transporteurs sanitaires. Contre 9,7 millions d’euros pour les chirurgiens-dentistes. Autrement dit, les montants concernant les centres de santé sont plus de 14 fois supérieurs à ceux des chirurgiens-dentistes. Et les 9,7 millions d’euros des chirurgiens-dentistes ne représentent que 1,3 % de l’ensemble des fraudes détectées et stoppées en 2025.
Les fraudes des professionnels de santé libéraux représenteraient 73,5 % des 723 millions d’euros de fraudes détectées.
Mais, la formulation statistique de l'Assurance Maladie regroupe sous cette étiquette plusieurs réalités distinctes dont il faut tenir compte :
En résumé, ce chiffre reflète le ciblage financier de la CNAM sur les gros préjudices (les fraudes à la facturation), mais il ne doit pas faire croire que trois soignants libéraux sur quatre en France sont des fraudeurs.
Le rapport IGAS-IGF, appelle d’ailleurs à mieux cibler les contrôles, notamment sur les dossiers présentant les plus forts enjeux financiers, et à utiliser davantage les données pour identifier les véritables schémas frauduleux.
L’Union Dentaire dit oui à la lutte contre la fraude, mais non à la stigmatisation d’une profession.
Les contrôles doivent être fondés sur les faits, proportionnés aux risques et concentrés là où les enjeux sont réellement les plus importants. Les chiffres sont parlants. Il est temps que la politique de contrôle en tire les conséquences.
*Rapport IGAS-IGF « La lutte contre la fraude aux prescriptions et aux facturations à l’assurance maladie » réalisé conjointement par l’IGAS et l’IGF, daté d’octobre 2025 et publié le 20 août 2026 sur le site vie-publique.fr. Le rapport porte notamment sur les données 2024 et chiffre la fraude détectée à 628 M€, dont environ 70 % imputables aux professionnels de santé ou aux personnes usurpant leur identité.
Muriel Wagner, chirurgienne-dentiste à Paris 12e
Première vice-présidente de l'Union Dentaire