Communication, vérité et honnêteté

 

En cette période de reprise et de calme retrouvé après des mois d’âpres négociations, nous pouvions espérer le retour de la sérénité dans les débats. Malheureusement, il n’en est rien.

L’Union Dentaire a essayé, le plus possible, de rester à l’écart des affrontements sur les réseaux sociaux, aussi stériles que malsains. Le travail à mener, pour défendre la profession lors de négociations longues et difficiles, ne laissait que peu d’énergie pour débattre sur facebook dans des discussions sans fin.

Nous avions préféré apporter le maximum d’informations officielles (documents des négociations, éditoriaux), afin d’éclairer la profession en temps réel. D’ici à la mise en place de cette nouvelle convention le 1er avril 2019, nous continuerons en diffusant des documents écrits, en vous avisant des avancées lors des groupes techniques et en venant à votre rencontre lors de réunions d’information organisées dans vos régions afin pouvoir répondre à vos questions.

 

Avant cela, une fois n’est pas coutume, nous nous devons de répondre à la lettre de juillet de la FSDL, envoyée à toute la profession, qui continue de colporter quantité d’informations fausses ou manipulées sur cette nouvelle convention.

  • Sur la forme d’abord : quelques lignes sans chiffres sur les revalorisations et le réinvestissement (1 milliard d’euros tout de même), alors qu’ils représentent deux fois le montant des baisses de tarifs de prothèses, qui sont eux présentés sur 3 pages et demi. Nous passerons sur la présentation du gain global net de la profession, volontairement divisée par 5 pour le faire apparaître comme insignifiant.

 

  • Les faits ensuite : une page sur le 1/3 payant, où l’on fait dire à la ministre ce qu’elle n’a jamais prononcé. Une recherche rapide démontre que les propos quelle a tenus et toutes les informations diffusées parlent de 1/3 payant généralisable, c’est-à-dire non obligatoire.

 

  • Une autre page sur les clauses de revoyure, mêlant habilement vérité et « erreur » ou « omission » comme oublier de dire que dans le règlement arbitral les clauses de revoyure étaient opposables immédiatement et automatiquement sur les soins et les prothèses (sans indexation), alors que la nouvelle convention prévoit l’indexation des plafonds et le report de la discussion de toutes clauses à 5 ans.

 

  • La dernière phrase de l’édito résume à elle seule la finalité de cette lettre, une vision électoraliste du syndicalisme qui préfère choisir l’avenir de sa structure plutôt que celui de la profession qu’il devrait défendre.

 


« La propagande apparaît comme de l’information, alors qu’il s’agit de mensonges élevés au rang de vérité », peut-on lire sur un ouvrage qui a trait à la communication politique.

Nous préférons pour notre part information et vérité.


 

Que la FSDL soit contre cette convention, c’est son droit le plus légitime et elle défend sa vision politique ; nous le respectons. Pour autant, tous les moyens ne sont pas utilisables.

Pour sa part, l’Union Dentaire continuera à défendre la profession dans les nombreuses réunions à venir avec l’UNCAM, afin de mettre en place au mieux cette convention pour l’ensemble des praticiens, mais aussi des français qui sont nos patients.

Loin de nous l’idée de penser que cette convention est la panacée et l’achèvement d’un combat, mais il serait stupide de penser qu’elle est la catastrophe que d’aucuns promettent à la profession.

Dans ce monde complexe, rien n’est ni tout noir, ni tout blanc.

Notre travail sera encore et encore d’en garantir les effets positifs sur les soins conservateurs, la prévention, les modifications de notre exercice et d’aider la profession à aborder ce changement éminemment important en expliquant et en la préparant au mieux.

Cette réforme est aussi importante et complexe qu’elle change les habitudes d’une profession aux prises avec un déséquilibre dans son activité, déséquilibre qu’elle gérait tant bien que mal à contre cœur pour la plupart d’entre nous.

 

Complexe, mais comment pourrait-il en être autrement quand on souhaite modifier des décennies d’un système arrivé à bout ? Depuis les années 2000, l’UJCD, puis l’Union Dentaire, met en garde la profession sur l’obligation d’un changement inéluctable.

 

Nous y sommes aujourd’hui.