La tête froide

 

Dans une course de fond, et c’est bien de cela qu’il s’agit avec les négociations conventionnelles en cours, le moment le plus difficile est celui où l’on aborde la dernière ligne droite, un moment où tout peut être remis en question si l’on n’est plus capable de garder la tête suffisamment froide pour suivre la ligne stratégique que l’on s’est fixée au départ. Tous les négociateurs, y compris ceux qui représentent les régimes d’assurance maladie, sont aujourd’hui dans cette situation.

 

Un simple regard sur les derniers mois écoulés suffit à prendre la mesure exceptionnelle de ces négociations conventionnelles. Exceptionnelles, elles l’auront été non seulement en raison de leur durée – une nouvelle et longue étape en 2017-2018 après le « round » bien décevant de 2016-2017 – , mais surtout par les possibilités de renouveau de notre exercice conventionnel. Car c’est bien un changement affirmé de perspective qui constitue la réelle innovation de ces négociations.

 

Priorité à la prévention et aux soins conservateurs, avec revalorisation des actes qui s’y rapportent, recherche d’un nouvel équilibre réduisant la part de la prothèse dans le fonctionnement de nos cabinets, voilà les orientations que l’UD et l’ensemble de la profession appelaient de ses vœux depuis tant d’années. Aujourd’hui, ce nouvel axe a été acté par tous, le projet initial de RAC zéro a été largement détricoté grâce à notre action résolue, le principe d’un suivi périodique des valorisations a été accepté.

 

En son état actuel, avant l’ultime séance de négociation, le projet ne retient pas toutes les demandes que nous aurions aimé voir prises en compte, mais cela n’exprime-t-il pas la nature même d’une négociation ? Si ce projet conventionnel est adopté demain, il restera donc beaucoup à faire aux organisations qui, comme l’Union Dentaire, pratiquent un syndicalisme de responsabilité. C’est justement l’intérêt du système paritaire de permettre d’aller toujours plus avant dans la recherche de solutions favorables à tous. N’oublions pas qu’avec le règlement arbitral, c’est exactement le contraire qui se produirait : plus de dialogue ni de négociations entre la profession et les régimes d’assurance maladie, et risque de mainmise totale de l’État sur notre secteur d’activité.

 

Nous n’avons jamais caché, bien au contraire, notre intention et notre volonté de mettre à profit chaque séance afin de négocier jusqu’au dernier instant avec l’ensemble de nos interlocuteurs. C’est dire que, à l’approche du terme de cette négociation, notre détermination demeure entière. Ainsi, les négociateurs de notre syndicat sauront demain, comme ils l’ont fait depuis septembre dernier, défendre les revendications que porte l’Union Dentaire. Ils sauront garder la tête froide et continueront de se battre en ayant constamment à l’esprit les intérêts supérieurs de la profession.