Il ne nous reste plus beaucoup de temps !

Par Sébastien ABIN, Secrétaire Général Adjoint de l’Union Dentaire

 

Suite au dernier édito sur les conséquences d’un échec aux négociations conventionnelles, les commentaires et avis divers ont fleuri sur les réseaux et au sein de nos groupes de discussions. Certains diront que cela n’est fait que pour attiser le feu et entretenir ce climat de guéguerre syndical que beaucoup de praticiens rejettent. NON, cet édito est empreint de vérité et exprime le ressenti de l’ensemble des membres du Conseil National de l’UD car il faut que tous les responsables, que ce soit syndicaux ou bien ceux des organismes conventionnels, se rendent compte des responsabilités qu’ils porteront jusqu’à la fin des négociations !

 

Les quelques réflexions suivantes viennent en écho aux principaux commentaires et autres interrogations que la profession peut lire de ça et de là. A quelques semaines de la fin des négociations, cela doit être dit pour éviter toutes les erreurs de jugement et dissiper tous les questionnements restés en suspens.

 

NON, nous n’avons pas déjà signé, NON, nous n’allons pas vendre la profession pour rien du tout mais il faut aussi que tout le monde se rende compte des conséquences d’une non signature d’une nouvelle convention.

FINIE, la vie conventionnelle , FINI, le rôle de négociation d’un syndicat représentatif, nous serons traités de la même manière que les opticiens, avec des prix déterminés dans le PLFSS de chaque année par la Direction de la Sécurité Sociale. Nous ne serons plus reçus que pour être entendus mais plus du tout comme acteur conventionnel majeur comme c’est le cas actuellement.

BIEN SUR, nous nous rendons compte que nous avons le couteau sous la gorge, BIEN SUR, nous reconnaissons les mesures d’intimidations, mais c’est une négociation, c’est loin d’être du théâtre comme le décrit le président du premier syndicat dentaire.

 

Autre réflexion, NON, NON et NON, il n’y a pas qu’un syndicat qui se bat pour promouvoir la dentisterie d’avenir et celle qui préconise la conservation tissulaire. Attention à ne pas non plus s’enfermer dans des dogmes, nous sommes en négociations pour TOUTE la profession, pour celle à venir mais aussi pour celle en place, celle à qui il reste encore pas mal d’année avant de prendre sa retraite. Il est beau le concept du TOUT prévention et du TOUT collage mais il faut aussi penser aux praticiens qui ont aussi besoin de l’ensemble des techniques pour réhabiliter une dent et ceux qui ont encore besoin de faire des soins en même temps qu’ils prônent les bienfaits de la prévention.

La particularité d’un exercice ne peut être pris en exemple et devenir une généralité comme beaucoup le font lors des commentaires sur les réseaux ou bien lors d’une séance de négociations devant l’ensemble des partenaires sociaux. Le MOI JE ne peut exister, il faut toujours raisonner en pensant NOUS, et pour certains, cela semble très difficile à comprendre.La difficulté est là, prendre en considération l’ensemble de la profession dans toute sa diversité, 40000 dentistes, 40000 façons d’exercer mais une seule convention.Le consensus à trouver se trouve dans la résolution de cette équation et nous devons essayer de satisfaire le plus possible de consoeurs et confrères.

 

ATTENTION, la liberté de penser autrement existera toujours, il y a ceux qui croit encore à un exercice conventionel avec des discussions possibles entre les partenaires sociaux et les autres qui ne font rien pour trouver une solution et qui préfèrent alors, cela va de soi, aller directement vers la mise en place d’un règlement arbitral et arbitraire.Pour ceux qui ne croient plus en l’exercice libéral conventionnel, rien ne sert de jurer à tous les coins de réseaux sociaux, une solution existe, le déconventionnement. Ce n’est en aucun cas la solution proposée par l’UD, syndicat qui se revendique encore conventionnel.

 

OUI, l’UD cherchera encore et encore a trouver une solution malgré les règles strictes et contraignantes mises en place par le nouveau gouvernement et nous ferons tout notre possible pour sauver la profession d’un RA qui se voudra sûrement plus dur et plus étendu que le précédent qui aurait du se mettre en place.

 

Comme vous le voyez, les prochaines journées du 5 et 6 Avril, dates des prochaines réunions plénières, risquent d’être cruciales pour l’avenir de notre profession. Début Mai, le temps de la négociation sera terminé et nous passerons alors dans celui du choix et du vote qui se concrétisera pour l’UD en CA extraordinaire le 31 Mai.

 

D’ici là, il reste du temps à la réflexion et aux propositions.