Les grands astrologues de la profession se seraient-ils trompés ?

Par Franck Mouminoux, Secrétaire Général de l’Union Dentaire

 

Nous y sommes depuis maintenant deux fois une semaine.

Deux semaines durant lesquelles, depuis le 1er avril, certains « astrologues » nous avaient annoncé l’enfer, voire pire comme souvent entendu ou lu, la mort de la profession.

Force est de constater que depuis, hormis quelques problèmes mineurs, rencontrés avec leurs logiciels, les praticiens n’ont pas stoppé leur activité, ni pour la grande majorité, rencontré de gros soucis de mise en place de cette nouvelle convention, surtout pour ceux ayant suivi une des nombreuses réunions d’informations.

Est-il utile, encore une fois, de rappeler que cette convention écrase le projet scandaleux du règlement arbitral, qui aurait dû s’appliquer si nous avions écouté ceux qui ne juraient que par lui, persuadés qu’ils pourraient le combattre et le faire annuler ?

 

Comment croire dorénavant ces oracles ?

 

Les praticiens vont très vite constater les bienfaits réels de cette convention. Balayons en les grands chapitres :

  • Les soins : jamais aucune convention n’a proposé de telles valorisations ou revalorisations !

Nombreux sont ceux qui ont déjà pu constater une augmentation notable de la valeur des soins qu’ils ont pratiqués depuis le 1er avril !

Avec en plus la prise en charge du coiffage pulpaire direct à 60 €, et la consultation d’urgence.

 

  • La prévention : avancée majeure sur une amélioration de prise en charge pour les patients diabétiques, en situation de handicap ou sous anticoagulants.

Sans oublier le BBD pour les enfants de 3 ans.

 

  • Les prothèses dentaires : avec une amélioration des bases de remboursement de certains actes, et donc une meilleure prise en charge pour les actes des paniers modérés et libres.

Pour exemple, la base de remboursement très valorisée pour les inlays passe à 100€ et à 120€ pour les couronnes (sauf celles sur implant). Fait non négligeable, une prise en charge des couronnes transitoires existe désormais !

 

  • L’équilibre entre les trois paniers (100% santé, modéré et libre) :

30% des actes les plus novateurs en dentisterie, comme les couronnes céramo-céramiques (couronne ou bridges), les inlays céramiques, les couronnes sur implants, l’utilisation de métaux précieux et de nouveaux actes remboursables comme les bridges collés ou cantilever sont dans le panier libre !

Les inlays-cores et les couronnes transitoires adossées aux couronnes de ce panier libre sont à tarif libre également !

Grace à cet équilibre que nous avons âprement négocié entre les différents paniers, les praticiens peuvent orienter leur pratique suivant leur sensibilité, dans le 100% santé ou le panier libre en fonction de leurs patients et de leur pratique.

Pour se différencier de la concurrence, les organismes complémentaires vont être dans l’obligation de s’intéresser à ce panier libre puisque tous les contrats responsables devront rembourser le complément intégral de tous les actes du panier 100% santé.

 

Ainsi la liberté de pratique reste préservée !

 

Mais la convention ne parle pas de tous les actes : il est en effet possible de valoriser les actes NPC trop souvent gratuits dans nos cabinets !

Si certains s’estiment lésés par cette convention, ils pourront toujours choisir et ajouter certains actes NPC à leur plan de traitement !

Parmi eux : désobturation endodontique, ablation d’un ancrage ou d’une couronne, allongement coronaire par gingivectomie, bridge transitoire, pour ne citer qu’eux : vous retrouverez l’ensemble de ces actes sur notre aide à la CCAM 2019, en accès direct pour les adhérents.

 

Même si, en termes de santé publique, la prévention n’est pas encore assez au centre du jeu, mais ce sera l’objet de notre prochain combat syndical, l’équilibre des cabinets va s’en trouver amélioré, puisque pour plus de 80% des praticiens, l’économie de leur cabinet sera améliorée et tout au moins préservée pour les autres.

L’Assurance Maladie : Prête à nous indemniser !

L’Union Dentaire met tout en oeuvre afin de trouver les meilleures solutions pour que vous soyez dédommagés.

Après avoir interpellé la CARCDSF et les assureurs, l’Union Dentaire est heureuse de vous annoncer que des discussions initiées il y a 3 semaines avec Nicolas REVEL, Directeur général de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, sont en train d’aboutir très favorablement pour notre profession.

Aujourd’hui, à l’issue d’une rencontre entre Nicolas Revel, l’Union Dentaire et les CDF, l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) s’est engagée à contribuer à la compensation de notre perte d’activité en assurant une bonne partie de la couverture de nos charges et de nos revenus.

Il reste de nombreuses discussions à avoir avec la Caisse afin d’affiner les calculs, de lisser les montants et de trouver une solution qui tienne compte de la disparité d’exercices dans notre profession. Cela prendra du temps. Mais ce serait compensé par le versement d’acomptes dans des délais très raisonnables.

Ces échanges réguliers et constructifs entre les syndicats signataires et l’AMO portent enfin leurs fruits et permettront à nos cabinets de reprendre leur activité en fin de confinement dans des conditions financières correctes.

Plus d’informations à suivre dans les prochains jours.

Abonnez-vous à notre newsletter en cliquant ici

Confinés, Dentistes et responsables !

Déjà trois semaines que nos cabinets sont fermés, trois semaines que nous avons laissé nos patients et leurs plans de traitement en pause et que seul le système de garde mis en place par le Conseil National de l’Ordre permet de  prendre en charge, au compte-gouttes, certains en cas d’urgence. Obligatoire !

Trois semaines aussi que certains cabinets restent ouverts en ne suivant pas les recommandations de nos instances et, au péril de leur vie et de celles de leurs patients, préfèrent privilégier leur santé financière plutôt que celle du pays. Inacceptable !

Trois semaines où nous avons été obligés de gérer dans l’urgence une fermeture d’entreprise libérale de santé en mettant notre activité de cabinet dentaire en pause. Mise en chômage partiel de l’ensemble de nos équipes, gestion de  leurs inquiétudes, planification et organisation du télétravail pour certaines, repos forcé pour d’autres, nous nous sommes toutes et tous transformés en gestionnaire de Ressources Humaines afin de remplir notre rôle entrepreneurial. Responsable !

Trois semaines aussi qu’en tant que responsables syndicaux, ordinaux ou de diverses associations ou unions professionnelles, nous nous activons : mise en place de la permanence des soins, communications multiples afin de répondre aux questionnements, recherches de solutions pour accompagner nos consœurs et confrères lors de cette période si particulière, et bien sûr réunions tous azimuts avec les différents responsables du monde politique et de la Santé. Dévouement !

Trois semaines où l’effort est collectif, où les actions de tous devraient être encouragées et non critiquées, où l’ego de chacune et chacun n’a pas sa place.
Pour nos consœurs, nos confères, notre profession, nous proposons, négocions, seuls ou accompagnés mais toujours pour l’intérêt (et le bien-être) de la profession. Il n’y a plus de JE mais il y a un NOUS, celui de notre patronyme, celui d’une UNION DENTAIRE. Indispensable !

Trois semaines où nous avons exposé toutes  les solutions d’accompagnement afin d’aider nos consœurs et confrères qui ont des problèmes de trésorerie mais trois semaines où nous attendons aussi que les pouvoirs publics, les assurances, le Conseil d’Administration de la CARCDSF, nous présentent leurs solutions de dédommagement et que nous trouvions TOUS ENSEMBLE une nouvelle façon d’exercer qui nous permettra d’être prêts afin de reprendre le plus rapidement possible lorsque nous sortirons de notre confinement. Impatience !

Cette période est le moment où nos efforts doivent être encore plus mutualisés  afin d’avancer et montrer à la profession toute entière l’importance et la nécessité des structures syndicales, ordinales et des unions professionnelles dans la gestion de notre activité, que ce soit en période de crise comme actuellement ou lorsque nous reprendrons le chemin de nos cabinets.

ENSEMBLE, nous nous devons de réussir, pour nos consœurs, pour nos confrères, pour nos patients et la santé bucco-dentaire.

Les membres du Conseil National de l’Union Dentaire

Confinement et recrudescence des violences conjugales

En ce temps de confinement, la protection des femmes victimes de violences est d’autant plus d’actualité. L’Union Dentaire soutient la lutte contre les violences conjugales. Vous pouvez télécharger ici notre affiche et la diffuser sur les réseaux sociaux.

Les chiffres sont parlants : à Paris, par exemple, les signalements ont augmenté de 36% à la Préfecture de Police. Cependant le 3919, numéro d’appel dédié aux victimes reçoit nettement moins d’appels depuis le 17 mars, début du confinement. Difficile d’appeler à l’aide quand on est confiné avec son agresseur !

Dans ce contexte plusieurs mesures ont été mises en place :

  • Un SMS en cas d’urgence est possible, à envoyer au 114
  • Depuis lundi, des « points d’accompagnement éphémères» se trouvent dans des centres commerciaux.
  • L’observatoire parisien des violences faites aux femmes (OPVF) a réalisé une fiche ressource ci-jointe.

La Mairie de Paris met à disposition des femmes, qui souhaiteraient quitter leur domicile après avoir porté plainte, des logements sociaux. Elle va aussi cofinancer des places supplémentaires en centres d’hébergement pour les conjoints violents, sortant notamment de prison après condamnation pour violences conjugales.

  • De concert avec l’Ordre des pharmaciens, un dispositif au sein des pharmacies leur permettra d’avertir les forces de l’ordre (certainement un code ; un système similaire existe déjà en Espagne).
  • Une nouvelle affiche avec les numéros d’urgence et d’écoute valable sur toute la France a été réalisée (ci-jointe et téléchargeable aussi sur le site Paris.fr).

Les cabinets dentaires sont fermés mais pourquoi ne pas la poser sur la porte extérieure de nos cabinets et surtout la transmettre à nos contacts si besoin ?

219 000 femmes sont victimes chaque année de violences conjugales en France, soit 600 par jour. Nous en croisons, nous en soignons.

Au sein de nos cabinets, comment les repérer, les comprendre, les accompagner, les aider ?

Profitons de notre temps de confinement pour nous former !

La plateforme en ligne de l’ONCD nous donne accès gratuitement à cette formation obligatoire (Loi n° 2014-873 du 4 août 2014- art 51) ; une attestation en ligne est délivrée à la fin des modules.

http://formation.ordre-chirurgiens-dentistes.fr/

Lien vers la brochure avec les différents contacts en cliquant ici