Réussir le 22 Septembre

Par Philippe Denoyelle, Président de l’Union Dentaire

Dans moins de trois semaines, les acteurs conventionnels – syndicats représentatifs et responsables des régimes d’assurance maladie obligatoires et complémentaires – se retrouveront pour ouvrir un cycle de négociations. L’Union Dentaire souhaite que celles-ci débouchent sur un nouvel accord conventionnel, qui apportera plus d’équilibre et de sécurité aux chirurgiens-dentistes et donnera enfin la priorité aux actes, en particulier de prévention et de soins précoces, qui doivent constituer le cœur de notre activité libérale.

La feuille de route, adressée par Marisol Touraine au Directeur général de l’UNCAM, joue de l’ambiguïté en mentionnant la nécessité d’un « renforcement de la prévention » et les conséquences favorables d’un « suivi bucco-dentaire régulier », mais en faisant de la limitation de ce que la ministre de la Santé considère comme des « dépassements d’honoraires » une composante de son objectif prioritaire.

Par ailleurs, les intentions des régimes complémentaires en matière conventionnelle suscitent d’autant plus d’interrogations que leur statut particulier pour le financement des soins dentaires peut faire d’eux soit un partenaire conventionnel à part entière, participant à la construction du dispositif conventionnel, soit un observateur en attente – voire en embuscade –  désireux avant tout de valoriser leurs propres réseaux.

Autant de raisons d’aborder cette négociation avec circonspection. Autant de raisons de nous féliciter de l’accord intervenu entre les trois syndicats représentatifs de notre profession. La démarche unitaire voulue et initiée par l’Union Dentaire – qui se concrétise par ce socle commun – permet à la profession de disposer, elle aussi, d’une feuille de route où figurent à la fois, et avec la même clarté, les revendications qu’elle présente et les refus qu’elle opposera à ses interlocuteurs s’il le faut. Un peu plus qu’une simple plate-forme, c’est déjà un programme partagé.

Voilà pourquoi cette année, les conditions sont fondamentalement différentes de celles que nous avons connues lors des précédentes négociations conventionnelles : notre profession se présente aujourd’hui unie face aux régimes d’assurance maladie. Cette situation historique donne à la séance d’ouverture une importance particulière qui nous incite à réussir ce 22 septembre. Car il est de la responsabilité conjointe de nos trois syndicats de faire en sorte qu’aucun d’entre eux ne puisse regretter demain de ne pas avoir tout mis en œuvre pour parvenir à un accord que praticiens et patients appellent de leurs vœux.