Reste à charge zéro : L’UD exige plus de considération !

 

La ministre des solidarités et de la santé, Agnès BUZYN a invité il y a à peine plus de huit jours les représentants des syndicats représentatifs de notre profession, des orthoptistes, des audioprothésistes, et des opticiens ainsi que les responsables des régimes obligatoires et complémentaires d’assurance maladie à la réunion de lancement de la concertation sur le reste à charge zéro (RAC 0) qui se déroulera ce matin.

L’Union Dentaire ne participera pas à cette réunion qui a toutes les caractéristiques d’une grande messe. « Notre absence est un acte réfléchi. Le gouvernement doit entendre le message politique fort que nous souhaitons lui adresser au nom de notre profession. Nous respectons l’exercice des professions qui sont conviées avec nous, mais la situation de la chirurgie-dentaire impose une concertation spécifique. Nous n’apporterons pas notre concours à la valorisation de la communication ministérielle sur un sujet qui provoque la colère d’un grand nombre de chirurgiens-dentistes. Opportunément cette réunion se déroulera juste avant que la ministre ne présente ses vœux à la presse et nous refusons que notre présence puisse être utilisée ou interprétée comme un soutien à la mise en œuvre de cet engagement de campagne du Président de la république. » déclare Philippe DENOYELLE Président de l’Union Dentaire.

Depuis le mois de septembre les responsables des syndicats représentatifs des chirurgiens-dentistes sont engagés dans la négociation difficile d’une nouvelle convention avec les régimes d’assurance maladie obligatoires et complémentaires. Nous devons mettre en œuvre des plafonds prothétiques en contrepartie de revalorisations tarifaires sur les actes opposables. La promesse présidentielle sur le RAC zéro n’est pas la nôtre. Sa transcription nous est imposée dans la rédaction de notre convention. Elle complexifie considérablement son écriture que ce soit politiquement, économiquement ou techniquement. Or nous ne savons toujours rien des orientations de nos ministres de tutelle sur la liste des actes qui intégreront ce panel, rien de leur niveau de plafonnement, rien sur les modalités de mise en œuvre, et rien sur les compensations que cette mesure impose. Alors que cette négociation se déroule dans des délais contraints, la lenteur des arbitrages politiques liée à cette mesure va nous faire prendre près de deux mois de retard.

Notre ministre de tutelle doit prendre en compte l’exaspération de notre profession et la lassitude de ses responsables syndicaux confrontés à une pression considérable. Depuis un an, les chirurgiens-dentistes subissent une avalanche de mesures qui pèsent lourdement sur leur exercice professionnel : gestion du tiers payant obligatoire pour femmes enceintes et les patients en ALD depuis le 1er janvier, règlement arbitral depuis le 1er avril, plafonds prothétiques identiques pour les patients bénéficiaires de la CMU-C et de l’ACS depuis le 1er octobre.

L’absence de l’Union Dentaire ne doit pas être interprétée comme la politique de la chaise vide, bien au contraire. En effet notre syndicat assumera pleinement ses responsabilités dans ce dossier comme dans tous ceux où nous participons activement à la défense de notre profession. Nous demandons un rendez-vous urgent à Agnès BUZYN, notre ministre de tutelle pour lui exposer notre point de vue.

 

 

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