RAC 0 : L’Union Dentaire a eu raison !

 

Comme notre Conseil national l’avait décidé, aucun représentant de l’Union Dentaire ne s’est rendu à la grand-messe du mardi 23 janvier dernier, présentée par la ministre de la Santé comme le lancement de la « concertation sur le reste à charge zéro (RAC 0)». Les raisons de ce refus mûrement réfléchi ont été exposées avec clarté, notamment dans notre dernier communiqué de presse.

Certains professionnels de la critique ont cru bon de nous le reprocher, arguant que notre syndicat aurait dû être présent afin d’expliquer à Agnès BUZYN nos problématiques actuelles. Nous savons pertinemment que la ministre ne les ignore pas et qu’elle connaît nos contraintes. Mais nous savons aussi que, face à l’objectif fixé par le président MACRON d’un RAC 0, elle reste à l’heure actuelle totalement insensible aux signaux d’alerte que lui adresse la profession dentaire dans son ensemble.

 

Oui, l’Union Dentaire a eu raison de ne pas participer à cette réunion. Notre syndicat a ainsi affirmé son opposition à un projet que nous jugeons néfaste pour la profession. Nous avons refusé de cautionner la véritable parade médiatique qui a accompagné la conférence de presse ministérielle, et nous avons voulu avant tout que personne ne puisse imaginer que l’UD apporte, par sa présence, le moindre soutien à cette initiative gouvernementale. Cela doit être clair pour tous : cette promesse présidentielle n’est pas la nôtre !

Comme par hasard, le magazine « 60 millions de consommateurs » publie la même semaine un article sur la disparité des tarifs de prothèses dentaires selon les lieux géographiques…Simultanéité bien troublante : une fois encore, nous avons pu assister – au moment même des annonces de la ministre de la Santé sur le RAC 0 – à un véritable lynchage médiatique, accompagné de l’habituelle mise au pilori de notre profession, condamnée au « dentist-bashing ».

 

C’est aussi pour cela que nous avons choisi de ne pas nous y rendre !

 

Pour autant, il n’est pas question pour l’UD de chercher à évacuer le problème, car celui-ci est bien réel. Le thème du RAC 0 suscite, nous l’avons déjà évoqué, une grande incompréhension et une multitude d’interrogations, mêlées à une colère légitime de la part des chirurgiens-dentistes. C’est pour cela que nous assumerons pleinement, jusqu’au bout, notre rôle de négociateur.

Comme les deux autres syndicats représentatifs de la profession, qui ont participé à toutes les séances de négociations conventionnelles, nous avons admis le principe des plafonnements. Mais nous n’accepterons jamais qu’on nous les impose sans dialogue, sans concertation ni négociation. Ce tir groupé contre les chirurgiens-dentistes, qui ressemble fort à une collusion, n’est là, nous le savons, que pour augmenter encore davantage la pression qui s’exerce sur les négociations conventionnelles actuelles.

 

Ce que l’Union Dentaire veut obtenir, c’est la différenciation dans la phase de négociations entre les deux éléments que sont la convention et le RAC 0. Mais il faudra, bien évidemment, tout négocier. Sinon, nous laisserions le champ libre et la main à la Direction de la Sécurité sociale (DSS), qui ne manquerait pas de nous imposer un RAC 0 ravageur et sans contreparties, une situation que la profession a déjà vécue pour la CMU en 1999, avec une décision unilatérale de la part du pouvoir politique. Nous ne voulons pas que cela se reproduise avec le RAC 0 !

Obtenir que ce RAC 0 soit le plus réduit possible en nature et en nombre d’actes et faire en sorte que ces derniers soient valorisés le plus convenablement possible : c’est aujourd’hui, et cela restera, un des combats majeurs de notre syndicat. Un combat auquel se rajoute bien évidemment celui pour l’obtention d’un espace pérenne de liberté, permettant à tout chirurgien-dentiste, quel que soit l’acte réalisé, de pratiquer des soins innovants et en rapport avec les données acquises de la science.