Négociations : Le principe de réalité

Par Philippe Denoyelle, Président de l’Union Dentaire

 

C’est une vérité simple à laquelle notre profession n’échappe pas, quoi qu’en disent les quelques agitateurs qui sévissent sur les forums et tentent de faire croire le contraire : c’est dans la réalité – dans la « vraie vie » – que s’inscrit notre exercice quotidien et non dans un monde fantasmé. Voilà pourquoi il appartient à chaque chirurgien-dentiste, et davantage encore à ceux qui ont la responsabilité de représenter la profession, de bien peser le pour et le contre des dernières avancées conventionnelles. Et de comparer sans dogmatisme ni a priori les conditions d’exercice que définirait cette nouvelle convention à celles qui découleraient de l’application d’une décision législative, pire que le règlement arbitral et qui engloberait le RAC 0.

 

Depuis des années, toutes les composantes de la profession réclament un nouveau socle pour notre exercice conventionnel, fondé sur la nature profonde de notre activité, la médecine dentaire, et rompant donc ainsi avec ce qu’il faut bien considérer comme la valorisation de l’échec thérapeutique. Au terme des actuelles négociations conventionnelles, les mesures acceptées par l’assurance maladie vont bien dans le sens souhaité. Avec, comme l’Union Dentaire l’a réclamé avec force, une réorientation sur la prévention et les soins conservateurs, une revalorisation significative des honoraires correspondant et un plafonnement tolérable d’une partie limitée de notre activité de prothèse.

 

Nombre de ces mesures ont été soit inspirées des revendications défendues par l’UD, soit reprises directement des propositions que nous avons présentées. Il va sans dire que nous en sommes particulièrement satisfaits. Non pour en attribuer le mérite à notre seul syndicat, mais parce que ces mesures vont dans le bon sens, celui d’une rénovation progressive de notre exercice qui sera profitable sur le long terme à ceux dont le sort nous préoccupe le plus : les jeunes qui ont choisi l’exercice libéral et les étudiants en chirurgie dentaire.

 

Leur avenir professionnel dépendra pour partie du choix qui sera fait de l’acceptation ou non de cette nouvelle convention.

 

Certes, tout n’est pas parfait, et beaucoup restera encore à faire si cette nouvelle convention voit le jour. Mais, au-delà des aspects tarifaires, les avancées, ou plutôt les résultats, ont une signification particulière car cette nouvelle convention devrait nous permettre d’engager la profession dans la réalité d’un exercice conventionnel profondément transformé quant à sa finalité. En outre, les principes du paritarisme et du dialogue social seraient préservés – et même confortés – , alors qu’ils disparaîtraient à jamais si la DSS prenait la main, ce qui serait le pire des dangers pour l’ensemble de la profession.

 

De séance en séance, nous avons pu arracher à l’assurance maladie bien plus que des concessions. Le panier à RAC zéro est maintenant strictement limité alors que l’objectif initial de l’UNCAM était de plafonner dans ce panier la quasi-totalité de notre activité prothétique.

En obtenant qu’un tiers de notre activité demeure entièrement libre, nous répondons aux attentes et aux nécessités de l’ensemble des cabinets libéraux en matière d’exercice conventionnel, nous laissons la porte largement ouverte aux techniques nouvelles et aux avancées scientifiques et nous ouvrons la voie à de nouvelles transformations dans le but d’améliorer en permanence la qualité des actes que nous réalisons.

 

Voilà pourquoi l’Union Dentaire doit faire le choix pour la profession entre une activité totalement réglementée et une autre tournée vers l’avenir avec une nouvelle convention, mais avec des garanties.

Par ailleurs, cette négociation s’inscrit dans une dynamique dans le temps, permettant de continuer le mouvement initié. A la seule condition qu’une nouvelle convention soit signée, nous serons appelés à nous rasseoir à nouveau à la table des négociations durant les prochains mois , afin de balayer tout le champ conventionnel de notre activité, et aussi apporter des améliorations aux accords qui auraient été validés.

 

Voilà en quoi consiste pour l’UD le principe de réalité.