Le dentaire : grand oublié du « plan santé 2022 » !

Lors de la présentation du plan appelé « Ma Santé 2022 », les annonces du Président  de la République Emmanuel Macron et de notre ministre de la santé Agnès Buzyn ont été scrutées afin d’y déceler toutes les nouveautés et améliorations dans l’évolution du notre profession.

Une réflexion immédiate s’impose suite à cette déclaration :

 

Mais où est passé le dentaire ?

 

Comme d’habitude, la santé bucco-dentaire semble encore être la grande oubliée des objectifs de santé générale définis par nos politiques , censés renforcer l’offre de soins dans notre pays.

Doit on rappeler à nos dirigeants qu’il existe d’autres professions médicales que celle de médecins généralistes et spécialistes ?

Doit on aussi rappeler l’importance de la prévention et d’une bonne santé buccale ? Garante d’un bien-être général, notre santé bucco-dentaire ne doit en aucun cas se détériorer et ainsi engendrer le risque de voir apparaitre des pathologies plus ou moins graves.

 

L’Union Dentaire, par l’intermédiaire de son président Philippe Denoyelle, regrette cette absence de propositions et de prospectives et invite notre ministre de la Santé à réparer cet oubli en conviant les principaux acteurs de la santé bucco-dentaire afin qu’ils puissent lui exposer leurs solutions pour un avenir et une intégration de leur spécialité dans un schéma et une organisation permettant de rester en bonne santé générale.

 

Il est intéressant de lister les différentes mesures de ce « Plan 2022 » et d’étudier ou de proposer nos propres solutions par rapport à celles exposées lors de cette présentation.

 

Suppression du numerus clausus. 

Comme l’annonçait Agnès Buzyn, ministre de la Santé et confirmé par le Président de la république, le numerus clausus sera donc supprimé dès 2020. Le concours qui a traumatisé des générations d’étudiants en santé, ainsi que les quotas de places en médecine, pharmacie, dentaire et maïeutique n’existeront plus.

Philippe Denoyelle, président de L’Union Dentaire est dubitatif quant à cette solution : « Trop d’incertitude existe autour de cette proposition qui apparaît plus comme un effet d’annonce plutôt qu’une véritable décision réfléchie autour d’un mode de sélection qui persistera d’une façon ou d’une autre. En une année ou désormais en trois ans, le manque d’infrastructures dans nos facultés entraînera de toute façon la mise en place d’un quota. Nous attendons avec impatience les éclaircissements autour de cette annonce ! »

 

« Regagner du temps médical »

Une rallonge de plus de 400 millions d’euros financera notamment la création de  4.000 postes d’assistants médicaux, qui auront pour mission de décharger les médecins des tâches administratives et de certains actes simples .

« Cette mesure est entièrement calquée sur le métier d’assistant dentaire, métier que l’Union Dentaire s’est employé à faire évoluer depuis plus d’une décennie en  obtenant son inscription au Code de la Santé Publique et en participant activement à la mise place du cahier des charges d’un niveau 2 qui débouchera vers le début de la délégation de tâches sous responsabilité de  notre profession » rappelle notre président, Philippe Denoyelle.

L’Union Dentaire insiste sur le fait que les chirurgiens -dentistes passent aussi de plus en plus de temps pour réaliser leur tâches administratives et que cette rallonge budgétaire sur l’évolution de certains métiers, afin de libérer du temps médical, pourrait aussi être utile dans le milieu dentaire afin d’aider la profession à employer encore plus d’assistants.

 

« Repeupler les déserts médicaux »

L’Union Dentaire réitère son appel auprès de l’UNCAM pour la mise en place urgente d’un Groupe Technique sur la démographie professionnelle en concertation avec les représentants des étudiants en chirurgie dentaire. En effet, une réflexion globale sur l’installation, les aides, les nouveaux modes d’exercices et l’actualisation du zonage des différents territoires professionnels devient urgente et indispensable pour la mise en œuvre d‘une politique de santé efficace et stratégique.

 

Axer sur la Prévention  

Les auteurs de la proposition de loi le disent : « La prévention est le parent pauvre de notre système de santé. Les actions de prévention conduites directement ou indirectement par l’État sont de peu d’efficacité ».

Pour y remédier, ils proposent de faire de la prévention, de l’éducation à la santé et de l’éducation thérapeutique, une grande cause nationale pour la période 2018-2022.

L’Union Dentaire ne peut que s’en féliciter. Les avancées en terme de prise en charge de la prévention dans la nouvelle convention vont dans cette direction.

Les réflexions sur des expérimentations et sur la mise en place d’un parcours de soins doivent être encore discutées auprès des partenaires sociaux afin d’introduire la prévention bucco-dentaire dans une dynamique plus forte et plus ambitieuse en accord avec ces bonnes intentions.

 

Par cette analyse de ce « Plan 2022 », l’Union Dentaire rappelle l’attachement médical de notre profession tout en demandant à  l’exécutif d’étendre expressément ses présentations et ses propositions à l’ensemble des spécialités médicales.

 

Nous prenons acte d’un certain nombre d’avancées mais nous déplorons que les moyens financiers annoncés, à hauteur de 400 millions d’euros  par an , soient bien trop insuffisants pour répondre aux ambitions de santé générale ,notamment pour notre profession, pour la prévention , la formation de nos étudiants et la réduction des déserts médicaux .

 

L’Union Dentaire continuera à défendre les intérêts des professionnels qu’elle représente afin que ses idées novatrices se mettent en place et permettent à la santé bucco-dentaire des français et aux conditions d’exercice des chirurgiens-dentistes de s’améliorer.