Institut Inter-Régions de Santé Orale, les premiers chiffres !

 

Par Dr Nicolas Pernin, Secrétaire Général Adjoint Union-Dentaire

 

Voilà maintenant environ un an que l’Institut Inter Régions de la Santé Orale (IIRSO) a vu le jour.

Son but est de soutenir les URPS (Unions Régionales des Professionnels de Santé) des Chirurgiens-Dentistes dans leur mission d’organisation de l’offre de santé régionale grâce à des études statistiques permettant de relever des données pertinentes d’information sur la santé orale.

Cela doit permettre de soutenir les URPS dans leur prise de décisions en terme de santé publique.

En effet, les actuelles données sur la santé bucco-dentaire en France commencent à se faire anciennes, et l’IIRSO doit permettre à la profession de se baser sur des chiffres actualisés pour apporter des réponses scientifiquement fiables à ses partenaires institutionnels comme les ARS (Agences Régionales de Santé) et l’Assurance Maladie.

A ce jour, se sont associées à cette démarche les URPS de Bourgogne Franche Comté, Bretagne, Centre Val De Loire, Corse, Occitanie, Martinique, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Pays de Loire et Réunion. Ces régions se sont engagées pour réaliser une étude à grande échelle et sur plusieurs années sur les différentes composantes de la santé orale.

Les données sont collectées par le biais de praticiens sentinelles volontaires.

Rappelons que pour l’Union-Dentaire, les docteurs Véronique MOULIS-COTTET et Sébastien ABIN font partie du bureau de l’association au titre de trésorière adjointe et de vice-président.

 

Après les premières enquêtes il est bon de constater certains éléments intéressants qui vont à l’inverse de certaines idées reçues:

 

  •  Les coûts dentaires, perçus différemment selon le niveau de précarité et de pauvreté, ne sont cependant pas considérés comme un frein à l’accès aux soins. Le renoncement n’est pas directement lié à un problème de coût, moins de 10% des personnes interrogées mettent cet argument en avant, mais à près de 50 %, à l’absence de besoin ou de douleur dentaire.

 

  • 42% des répondants déclarent consulter leur praticien dans leur propre commune.

 

  • Alors que 78% des précaires ont consultés un chirurgien dentiste au cours des 2 dernières années (Non précaires: 85%), une proportion significative d’adultes en situation financière difficile, bénéficiaire de la CMU ont eu recours à des consultations sur une période supérieure à une période de 5 ans.

 

  • Les répondants en situation de précarité se déclarent être en mauvais état de santé général, dentaire et gingivale. Les bénéficiaires du RSA et de la CMU sont globalement dans une situation similaire.

 

  • A noter la mauvaise qualité de vie bucco-dentaire décrite par les étudiants, ressentiment inverse en ce qui concerne les retraités. Ceci est une constante souvent décrite en sociologie de la santé.

 

  • Le cabinet libéral ou la clinique de groupe sont très largement plébiscités puisque 95% des déclarants s’y rendent en cas de soins, et les préfèrent aux centres de santé.

 

  • On note aussi par exemple que moins de 5 % des français disent avoir déjà reçu un traitement dentaire dans un autre pays de l’UE.

 

  • Il ressort également que dans l’ensemble, le niveau de technicité et de propreté des unités de soins dentaires libérales est en adéquation avec ce qu’attendent nos patients, de même dans la facilité des démarches administratives.

 

Ces premières études, qui vont au-delà des éléments cités, puisqu’elles s’intéressent également aux habitudes en matière de santé bucco-dentaire de nos patients, de leur comportement en matière de nutrition, ou devant les facteurs de risque comme le tabac ou l’alcool, nous offrent des éléments précieux.

Elles permettront à la profession de renforcer la performance du système de santé à travers une meilleure organisation et d’encourager le développement de politiques médico-sociales pertinentes.