Négos : Un risque d’enlisement

 

Allons-nous voir le retour des « bonnes vieilles recettes » que ne rougissent pas d’utiliser régulièrement les responsables de l’action publique lorsqu’ils risquent de perdre la main ? Celles qui consistent à jouer la montre pour tenter de faire pression sur les syndicats dans l’espoir que, pressés par l’approche des échéances de fin de négociation, ceux-ci réduisent leurs revendications et finissent par accepter ce qu’ils refusaient catégoriquement quelques semaines auparavant ?

 

Ce risque d’enlisement est aujourd’hui devenu bien réel, près de cinq mois après l’ouverture des négociations conventionnelles. Nous sommes toujours en attente d’une prise de position de l’UNCAM – autrement dit : du ministère de la Santé – sur plusieurs points essentiels qui conditionnent la poursuite des discussions. Par ailleurs, nous constatons que l’UNOCAM a décidé, une fois de plus, de jouer la montre, prenant pour prétexte la difficulté de parvenir à une position commune des familles qui la composent.

 

Évidemment, tout cela va à l’encontre du bon déroulement des négociations et de l’intérêt de la profession. Ce qui conduit l’Union Dentaire à s’interroger sérieusement quant à la possibilité d’aboutir à une réorganisation de fond de notre exercice conventionnel, objectif qui nous paraît toutefois encore accessible (mais pour combien de temps ?). Comment la situation se présente-t-elle aujourd’hui ?

 

L’enveloppe financière n’a encore fait l’objet d’aucune définition précise de la part du ministère, et l’UNCAM semble bien naviguer à vue, alors qu’il est devenu impératif de travailler en détail sur les aspects financiers, en particulier sur l’investissement net des régimes d’assurance maladie pour assurer la revalorisation des soins et l’inscrire dans la durée. En raison de son patronage présidentiel, le projet de RAC 0 est devenu pour nos interlocuteurs un exercice obligé auquel ils tendent à donner la priorité, en dépit de la confusion qui règne sur ce sujet. Cela retarde et déséquilibre gravement la négociation conventionnelle proprement dite.

 

Pour notre part, nous n’oublions pas la finalité des négociations : parvenir à un texte qui traduise et organise un renversement complet de perspective pour notre exercice conventionnel tout en assurant la pérennité et la sécurité de ce nouveau dispositif. Un changement attendu par tous depuis des années et dont l’importance, ainsi que les conséquences, justifie amplement que ce nouveau texte conventionnel ne soit pas décidé à la hâte ni de façon réductrice. Car il ne s’agit pas seulement de la tarification des actes et des plafonnements : c’est l’ensemble du champ conventionnel qui est à réformer !

 

Voilà près de deux mois qu’aucune séance plénière de négociation n’a eu lieu et compte tenu du travail qui reste encore à accomplir, il est essentiel que le calendrier soit nettement renforcé et que chaque séance à venir soit consacrée de façon très concrète à une thématique donnée. Le flou qui entoure le RAC 0 nous a déjà fait perdre beaucoup de temps, et nous pensons que ce sujet devrait être examiné de façon spécifique pour ne pas interférer dans le bon déroulement des séances. À condition, cela va sans dire, que celles-ci ne soient pas annulées ou reportées au dernier moment !