DPC nouveau cru, Un parcours surveillé…

Par Muriel Wagner, Vice-Présidente de l’Union Dentaire

 

En novembre 2018, le site www.mondpc.fr va être actualisé (réuni avec le site de l’ANDPC www.agencedpc.fr) , notamment à cause de la mise en place du « portfolio numérique » ou porte-document de traçabilité, sorte de coffre-fort numérique. Il permettra à chaque professionnel de santé de déposer les attestations de son parcours professionnel personnel de formation continue, justificatifs de participation à un programme de DPC en cas de contrôle.

 

L’Union Dentaire attire l’attention de la profession sur ce nouveau dispositif et l’encourage à se mettre à jour de ses obligations en matière de formation si ce n’est pas encore fait.

Elle veillera aussi à ce que le montant du forfait accordé à chaque chirurgien-dentiste reste suffisant.

Vous trouverez sur le site de l’Union Dentaire le catalogue téléchargeable des formations 2018, programme et formations e-learning des Conférences de l’UJCD (téléchargeable ici).

 

Pour rappel, le DPC a été créé en 2009 et adapté par la Loi n° 41-2016 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé. Le décret 2016-942 du 8 juillet 2016 concerne l’organisation du DPC des professionnels de santé :

  • L’obligation du DPC concerne l’ensemble des professionnels de santé de France, tous modes d’exercice confondus
  • L’obligation est triennale (1 DPC obligatoire tous les 3 ans), mais le DPC ne constitue qu’une partie du parcours professionnel de la formation continue, obligatoire elle aussi.

Le document de traçabilité, hébergé par le site de l’ANDPC récapitulera l’ensemble des formations suivies par les chirurgiens-dentistes.

Chaque praticien devra s’inscrire sur la nouvelle plateforme de l’ANDPC (s’il ne l’a pas déjà fait sur le site www.mondpc.fr).

 

Force est de constater que notre profession n’a pas saisi l’importance de cette inscription : au 31/03/2018, seulement 20552 comptes ont été créés pour les chirurgiens-dentistes * (dont 2581 nouvelles inscriptions en 2018).

Il est dommage que chaque praticien n’utilise pas son forfait DPC**.

Le budget alloué chaque année au DPC des professionnels de santé pris en charge par l’ANDPC est défini pour 3 ans par la Convention d’objectifs et de gestion (COG) réalisée entre l’Etat et la CNAMTS.

L’évolution est la même en 2018 ; de ce fait, notre profession a cédé 1,3 Millions € aux professions dont le rythme d’inscription en septembre 2018 s’est fortement accéléré et dont l’enveloppe aurait été « consommée » en octobre (infirmiers, orthophonistes) ou en novembre (pharmaciens) !

 

Certes, il est parfois difficile aux organismes de formation de trouver des thèmes nouveaux et attractifs parmi les thèmes de formation prioritaires. Mais le professionnel de santé peut « trouver son bonheur » dans les actions proposées. (8832 actions de DPC proposées ; 2081 organismes habilités en 2018) ; les thèmes interprofessionnels vont être développés.

 

Attention aussi aux contrôles !

Le chirurgien-dentiste devra cocher une case dans son portfolio numérique pour autoriser la transmission des informations à l’ONCD.

Le flux d’informations pourrait aussi transiter par le CNP (Conseil National Professionnel).

Le CNP chirurgien-dentiste établit en ce moment ce que devrait être la formation continue la plus adaptée à notre profession en nombre de jours et volume horaire.

Au sujet de l’hébergement des données des professionnels de santé, l’Union Dentaire met en garde contre le risque d’un coût de fonctionnement trop élevé.

5% du budget de l’ANDPC est consacré au fonctionnement de l’agence et de ses instances***.

 

Qu’en sera-t-il fin 2018 et années suivantes ?

L’UD posera la question lors de la prochaine réunion du Haut Conseil du DPC du 19 décembre prochain.

La part accordée à chaque chirurgien-dentiste pour sa formation DPC ne doit pas être ‘rognée’, du fait de frais trop élevés de mise en place du portfolio numérique.

 

 

 

*Chiffres clefs du DPC

** Forfait DPC chirurgien-dentiste : le plafond de prise en charge pour l’année 2018 est de 14heures pour des actions de DPC présentielles et non présentielles (dont 7 heures maximum pour le suivi d’actions DPC non présentielles) ; l’indemnisation est de 45€ par heure (soit par exemple 315€ pour 7 heures).

***Rapport d’activité 2017 de l’ANDPC