Soins bucco-dentaires : La Cour des comptes charge la profession

Après les faux pas commis par ses auditeurs au printemps dernier, on aurait pu attendre de la Cour des comptes un minimum d’impartialité – et pour tout dire de sérieux – dans l’analyse de la situation du secteur dentaire. Espoir déçu, une fois encore : c’est une vision dogmatique, et souvent fausse, de notre activité qui est mise en scène par la Cour dans le rapport qu’elle vient de rendre public.

 

« Qui veut noyer son chien… », chacun connaît la suite. C’est la méthode choisie par les magistrats de la Cour des comptes qui, usant de la respectabilité de cette institution, chargent les chirurgiens-dentistes de tous les maux pour proposer in fine une spécialisation des fonctions entre l’assurance maladie obligatoire et les complémentaires. Une approche qui se veut rationnelle, mais qui préconise en réalité un démantèlement pur et simple de la Sécurité sociale !

 

« Nous avons déjà dénoncé la vision dogmatique de la Cour des comptes lorsqu’il s’agit du secteur dentaire, et nous contestons aujourd’hui son manque d’objectivité et de rigueur. », déclare Philippe Denoyelle, président de l’Union Dentaire. « Nous n’acceptons pas que les chirurgiens-dentistes soient une fois de plus les boucs émissaires de l’échec d’un système que les pouvoirs publics se sont toujours refusés à réformer », ajoute Philippe Denoyelle.

 

Ce rapport vise en premier lieu à affaiblir les syndicats représentatifs de notre profession, qui se présenteront unis à la séance de négociation du 22 septembre. « Les affirmations de la Cour sur “les faiblesses persistantes de l’assurance maladie face aux professionnels de santé” ou la nécessité de “favoriser le développement des réseaux de soins” feraient sourire si le sujet n’était pas aussi dramatique. Cette charge injuste contre la profession renforce notre détermination à faire aboutir une réforme conventionnelle équilibrée dans le respect des principes fondateurs de notre Sécurité sociale.

 

Nous attendons de Marisol TOURAINE, notre ministre de tutelle, qu’elle rappelle son admiration pour notre profession, et qu’elle soutienne les négociations conventionnelles qui s’ouvrirons demain avec l’assurance maladie obligatoire et complémentaire. Madame serez-vous la ministre de la réforme dentaire, êtes- vous déterminée à faire mentir La Fontaine : « Ne faut-il que délibérer, la cour en conseillers foisonne ; Est-il besoin d’exécuter, l’on ne rencontre plus personne. »

 

Notre syndicat, pour sa part, y est fermement résolu. », conclut le président de l’Union Dentaire.