Convention : Les négociations de la dernière chance ?

Par Philippe Denoyelle, Président de l’Union Dentaire

L’Union Dentaire veut saisir toute possibilité de progrès véritable mais aborde le 22 septembre avec prudence et détermination

Un très grand nombre de consœurs et de confrères ont réagi favorablement à la diffusion du communiqué commun signée par les trois syndicats représentatifs de notre profession, ceux-là même qui participeront, le 22 septembre, à l’ouverture des négociations conventionnelles. Ils voient dans cette plate-forme, dont l’Union Dentaire a été l’initiatrice, une chance pour la profession face aux régimes d’assurance maladie. Mais ils se demandent en même temps si ces négociations ne seront pas celles de la dernière chance, compte tenu des évolutions suivies au cours des dernières années tant par les régimes complémentaires que par l’UNCAM et le ministère de la Santé. Chacun des négociateurs de l’Union Dentaire a également conscience de l’importance de ces enjeux pour l’avenir de notre exercice.

L’objectif : bâtir une nouvelle convention

La situation actuelle, qui survit tant bien que mal depuis des années, est catastrophique pour tous, praticiens aussi bien que patients. La « Sécu » elle-même reconnaît qu’il n’est plus possible d’aller plus loin. Cela revient à dire qu’il ne saurait être question de négocier un avenant au rabais, mais qu’il faut rédiger un texte conventionnel nouveau ; un document fondé sur un changement complet de perspective.

Désormais, une véritable priorité doit être donnée à la prévention, aux soins précoces et à tous les actes médicaux, et les moyens financiers nécessaires doivent être dégagés (ce qui est nécessaire) et pérennisés (ce qui est indispensable). Tous les financeurs de notre système de soins déclarent partager notre constat et la nécessité de faire de la prévention un axe prioritaire. Nous leur disons simplement : prouvez-le par des actes concrets, investissez ou réinvestissez dans ce domaine !

La force de l’unité : un « plus » pour les négociations

Nous avons qualifié d’historique l’accord intervenu le 27 mai 2016 entre nos syndicats pour aborder cette négociation dans le cadre d’une démarche unitaire, et tel est bien le cas car, pour la première fois, la profession se présentera unie face aux négociateurs des différents régimes. Unie et bien consciente de la force nouvelle que lui donne cette situation, particulièrement si nos syndicats doivent opposer un veto à des propositions conventionnelles contraires à l’esprit de cet accord : « Il ne saurait y avoir de signature d’une nouvelle convention sans que les conditions de l’exercice d’une médecine bucco-dentaire digne de ce nom ne soient réunies ». On ne peut être plus clair !

L’Union Dentaire : des propositions réalistes

Personne ne croit qu’un « grand soir » de la chirurgie dentaire soit possible. À l’Union Dentaire, nous ajoutons qu’il n’est pas souhaitable, car si l’objectif de la réforme est de parvenir à un autre mode d’exercice, davantage fondé sur des considérations de santé publique, notamment avec la valorisation de la prévention, nous savons qu’il faudra inscrire ces changements dans le moyen terme pour progresser par paliers et éviter de déstabiliser le fonctionnement des cabinets.

Compte tenu de l’imbrication des activités – c’est-à-dire du poids actuel de la prothèse dans la constitution de nos chiffres d’affaires – les transferts devront se réaliser de façon progressive. Après que le point de départ aura été donné avec les revalorisations indispensables sur la prévention ainsi que sur les actes de soins conservateurs et chirurgicaux, comme l’Union Dentaire l’expose dans sa feuille de route.

Ce que nous voulons

L’Union Dentaire souhaite que notre négociation puisse déboucher sur :

– une priorité donnée aux soins précoces se traduisant par une revalorisation significative des soins opposables,

– la revalorisation du panier des actes relevant de la CMU-C, avant toute discussion sur l’ACS,

– une dynamique ambitieuse de prévention élargie, coordonnée avec les autres professionnels de santé, et la mise en œuvre d’un suivi régulier des soins engageant nos patients à faire preuve de responsabilité,

– un engagement fort sur la compensation et la concomitance de toute nouvelle obligation.

Par ailleurs, l’Union Dentaire réaffirme solennellement son opposition à tout accord qui pourrait conduire au tiers payant généralisé sur la part obligatoire ou complémentaire.

Lien vers le CP commun

Lien vers la feuille de route