Communiqué de presse de l’ujcd

Tranche de vie : mon premier remplacement

 

Point de vue d’une « 6ème année dentaire » en 7 questions/réponses :

 

  • Peux-tu nous parler en bref du déroulement de tes études, de tes expériences cliniques qui t’ont permis d’aborder ce premier remplacement ? Et quel est ton ressenti ? Les points positifs et négatifs ?

 

Il s’agit de 6 années d’études, via l’inévitable PACES suivi de 2 années axées sur l’enseignement théorique puis 3 années axées sur la formation clinique au sein de différents CHU : Hôpital Rothschild suivi du CHRU de la Pitié Salpêtrière pour les étudiants de Paris VII. La formation théorique est complète, ce qui n’est malheureusement pas le cas de la formation clinique lors de la 4ème et 5ème année , faute de matériel disponible (un kit us pour un service entier par exemple), faute de professeurs en nombre suffisant (absence de professeur de parodontologie, responsable d’une absence de prise en charge dans le plan de traitement pour certains étudiants etc.) mais surtout faute de vacations cliniques suffisantes. Nous bénéficions de seulement 5h de vacations d’omni pratique par semaine et 2h30 de vacations de pédodontie. A peine le temps de récupérer le matériel et de courir après les professeurs derrière lesquels nous pouvons attendre parfois plus d’une heure car ils sont débordés. Heureusement, il y a la sixième année durant laquelle nous avons une très bonne formation intensive de 6 mois qui nous prépare à nos futurs remplacements et collaborations mais cela n’enlève en rien l’inévitable appréhension de se retrouver seule en cabinet la première fois.

 

  • Qu’aurais-tu eu besoin d’approfondir plus lors de tes études ?

 

Il me semble que dans notre formation, l’enseignement de la médecine buccale n’est pas assez approfondi. Nous ne sommes pas que les « Docteurs des dents », et il me semble très limitant de devoir réorienter nos patients vers des spécialistes lorsque nous sommes face à certaines pathologies buccales.

 

  • Que penses-tu de la réforme des études dentaires à venir, de la suppression du NC ?

 

Concernant la suppression du numerus clausus, je ne pense pas que le problème soit le manque de praticiens sur le territoire mais plutôt la mauvaise répartition géographique des praticiens sur le territoire français.

Concernant la réforme dentaire, il s’agirait de changer le 3ème cycle actuel court en un DES ouvrant les portes à une carrière hospitalo-universitaire en permettant de devenir chef de clinique assistant, ce qui semble être un bon projet défendu par l’UNECD. Pour le cycle long, l’internat, il s’agirait de subdiviser l’actuelle spécialité médecine bucco-dentaire en différents DES spécialisés (endodontie, parodontie, pédodontie…) ce qui peut être « un plus » pour les personnes souhaitant s’hyperspécialiser dans un domaine, ce qui semble par ailleurs être le devenir de notre profession. Mais ce qui peut être « limitant » aussi pour ceux qui souhaiteraient simplement approfondir leur formation globale d’omnipratique.

 

  • Que sais-tu de l’UNECD ?, de l’EDSA ?

 

Je connais l’UNECD par d’autres étudiants qui y sont impliqués ; c’est une association représentative des étudiants en chirurgie dentaire des 16 facultés réparties sur le territoire français. Son but est de faire entendre la voix des étudiants, de mettre en places des missions et projets (solidarité Maroc, prévention Gardez le sourire) et de fédérer les différentes facultés entres elles.

L’EDSA est une association qui représente les étudiants en chirurgie dentaire à l’échelle européenne.

 

  • Connais-tu le nom des syndicats dentaires et penses-tu qu’ils soient utiles voire nécessaires à la profession ?

 

Je ne connais que le syndicat Union Dentaire ; c’est la consœur, membre union dentaire, chez qui j’ai réalisé mon premier remplacement qui m’en a parlé. Je ne suis pas assez renseignée sur le sujet pour émettre un avis sur leur nécessité.

 

  • Que penses- tu des modalités du stage actif ?

 

Il me semble que ce stage peut être un bon tremplin entre la vie étudiante et la vie professionnelle. Il peut s’agir d’un stage d’observation ou actif avec la prise en charge par l’étudiant de patients sous la responsabilité du maitre de stage. Il nous permet surtout d’avoir une vision concrète des enseignements de droit, gestion et comptabilité que nous avons reçus. Il dépend beaucoup du cabinet et du praticien avec qui nous l’effectuons.

Dans ma situation, mon stage actif est réalisé sans l’aide d’une assistante. Or, il se trouve que pour mon premier remplacement, j’ai eu la chance de travailler avec une assistante au fauteuil. L’aide apportée par une assistante, que ce soit dans les soins au fauteuil, dans la gestion du cabinet, des patients, me parait maintenant indispensable sans compter le bien-être moral qu’une bonne entente avec son assistante apporte au chirurgien-dentiste pour pallier à la solitude du cabinet.

 

  • Pourquoi envisages-tu de continuer et passer le concours de l’internat ? Dans quel domaine ?

 

Je me pose la question du passage du concours de l’internat à la fin de ma 6ème année alors que je ne l’envisageais pas pendant le reste de mon cursus et cela à cause de l’envie d’approfondir ma formation. Je souhaiterais présenter le concours en vue de la spécialité chirurgie orale qui s’est avérée être une véritable découverte lors de ma formation au sein du service de chirurgie orale du CHRU de la Pitié Salpêtrière.

Sortie de route ?

Par Jacques Le Voyer, Conseiller du Président

 

La lecture de l’éditorial du journal éponyme du syndicat dentaire CDF 1835/1836, m’a laissé pantois ! Le secrétaire général confédéral y expose notamment sa vision de la gestion conventionnelle du syndicat qu’il représente.

Certes, j’aurais pu à l’instar du titre de cet éditorial suivre le conseil de son auteur. « Bien faire et laisser dire » mais la caricature qu’il présente m’impose une réaction sans compromis ! Qu’un responsable confédéral d’un tel niveau se permette d’écrire sur un tel ton est singulier. N’y aurait-il qu’un syndicat signataire, qu’un seul syndicat qui porterait cette nouvelle convention ? Sans les représentants des CDF et leurs experts, les débats dans les groupes de travail auraient-ils été mornes et leur vacuité affligeante ? Eh bien non n’en déplaise à l’auteur de cet éditorial, l’UD n’est pas un satellite de plus qui tournerait autour de la planète confédérale. Ses responsables ET ses experts ont participé et participent EUX AUSSI activement aux 9 groupes de travail comme cela est prévu par le texte conventionnel. Ils sont aussi présents et font entendre leurs voix pour participer à la vie conventionnelle.

Je tiens aussi à rappeler à l’auguste auteur de cet éditorial que les responsables de l’Union Dentaire n’ont de cesse AUX COTÉS DE CEUX DE SON SYNDICAT de défendre la convention que notre président a signé avec le sien. Qu’ils battent la campagne partout en France pour présenter et expliquer à nos consœurs et confrères au travers de prés de 90 réunions (une paille !) la mise en place de cette réforme. Sans jamais tirer la couverture à nous, alors que nous pourrions rappeler qu’il aura fallu plus de vingt ans aux responsables de notre syndicat pour amener ceux du sien à négocier enfin cette réforme avec nous.

Magnanimes, je mettrai ce dérapage fâcheux sur le compte d’un manque de recul lié à une prise de fonction récente. Je lui rappelle que l’Union Dentaire travaillera toujours à l’unité syndicale, sans abdiquer jamais de sa liberté de parole pour faire avancer et défendre notre profession. Mais l’Union ne peut se construire à sens unique, aussi je préfére l’exigence de l’altérité à l’aveu de faiblesse qu’est la tentation hégémonique.

L’Union Dentaire se positionne

 

Par Philippe Denoyelle, Président de l’Union Dentaire

 

Force est de constater que la dynamique prévue par le texte conventionnel s’est concrètement mise en route dès le lendemain de la signature par l’UD et la CNSD. Comme convenu avec les caisses, 9 groupes de travail se sont mis en place et, moins d’un an après la publication au J.O. de la nouvelle convention, 2 d’entre eux ont déjà abouti à la rédaction d’avenants.

Rappelons que seuls les syndicats signataires participent à ces groupes de travail car seuls ceux-ci ont une vision réelle et présente de l’évolution de cette nouvelle convention ce qui nous amène par ailleurs à se poser la question de la légitimité du syndicat non signataire qui s’arroge le droit de former les confrères à cette nouvelle convention, tout en la dénigrant à longueur de communication ?

 

L’avenant 1 à la nouvelle convention met à jour la CCAM et entérinant les travaux de la CHAP (Commission de Hiérarchisation des Actes et des Prestations). L’UD le signera.

 

L’UD refuse par contre, comme elle l’a annoncé depuis plusieurs mois, de signer l’avenant n° 2. En effet les patients relevant de l’ACS (recevant des aides pour souscrire une mutuelle) n’auront pas les mêmes droits et le même accès au 100% santé que le reste de nos patients.

Outre le coté discriminatoire de cette mesure, cela augmente considérablement le nombre de patients bénéficiant des tarifs CMU (fusionnés avec les ACS depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019). Par ailleurs cette mesure fragilise plus encore l’économie des cabinets qui ont un fort pourcentage de cette patientèle en difficulté.

 

Il va de soi que l’UD continuera le combat pour obtenir la revalorisation des soins pour cette population et de la même façon l’Union Dentaire renforce sa place et son rôle pivot en ne signant pas systématiquement tout amendement.

La signature de la nouvelle convention par l’UD en fait un partenaire conventionnel incontournable.

 

Les données de santé à l’ère du Data Hub

Par Sébastien ABIN, Trésorier national

 

Le projet de loi “relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé“, qui est actuellement soumis à consultation, doit bientôt être présenté en conseil des ministres. 

Le texte prévoit dans son article 11, une nouvelle réécriture, trois ans après la promulgation de la loi de modernisation de notre système de santé, des dispositions encadrant la gouvernance et l’accès aux données de santé. 

Annoncée par le chef de l’Etat en mars 2018 lors de la remise du rapport Villani sur la stratégie française en matière d’intelligence artificielle (IA), ce texte vise à la mise en place du Health Data Hub.

 

Le QUOI ? Le Health Data Hub !

 

La mise en place de cette nouvelle entité sera issu de la transformation de l’Institut National des Données de Santé (INDS) en “Plateforme des données de santé ».

Son pilotage a été confié à Jean-Marc Aubert, l’actuel patron de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES).

Ses missions seront alors élargies et ne se limiteront pas qu’à “veiller à la qualité des données de santé et aux conditions générales de leur mise à disposition, garantissant leur sécurité et facilitant leur utilisation dans le respect de la loi [informatique et libertés]” mais bien à “réunir, organiser et mettre à disposition les données du Système National des Données de Santé (SNDS)”. 

Pour rappel, le SNDS regroupe l’ensemble des données issues du Système National d’Information Inter-Régimes d’Assurance Maladie (SNIIRAM), incluant le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), celles du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDC), des données médico-sociales de la Caisse Nationale de Aolidarité pour l’Autonomie (CNSA) et un échantillon représentatif des données de remboursement des complémentaires.

Cet article 11 va encore plus loin et ajoute aussi dans le contenu du SNDS “les données destinées aux professionnels de soins et organismes de santé recueillies à l’occasion des activités […] donnant lieu à la prise en charge des frais de santé en matière de maladie ou de maternité […] [et] en matière d’accident du travail et de maladie professionnelle”.

Ce Health Data Hub rassemblera ainsi au sein d’une même structure l’ensemble des données de santé et permettra de multiples requêtes inter-disciplinaire et méta-analyses permettant par exemple de : 

  • Démontrer le lien entre l’exposition aux antibiotiques et la survenue d’une pathologie définie 
  • Identifier des interactions médicamenteuses bénéfiques ou délétères chez des patients atteints d’une pathologie 
  • Créer une base de données rassemblant un set de données minimum pour l’étude de pathologies rares
  • Concevoir des algorithmes d’Intelligence Artificielle (IA) pouvant aider des équipes médicales dans leur pratique quotidienne d’imagerie

 

Ce projet de loi de santé prévoit également, au delà de la création de cette plateforme des données de santé, de permettre au gouvernement de légiférer par ordonnances afin de généraliser par étapes la prescription électronique. Il définit aussi la pratique de “télésoin” pour les pharmaciens et auxiliaires médicaux et précise la mise en place de “l’espace numérique de santé personnel” annoncé lors de la présentation de “Ma santé 2022”.

 

L’Union Dentaire se doit de suivre toutes ces évolutions et ces nouveaux projets de loi afin de continuer à se projeter vers l’avenir de notre monde médical où les nouveaux exercices, les nouvelles applications et par conséquence les implications sur notre santé générale et bucco-dentaire continueront de faire évoluer notre profession.