Communiqué de presse de l’ujcd

Entrevoyez l’avenir, la reprise n’est pas loin

Chères Consœurs, Chers Confrères,

 

Depuis plusieurs semaines, vous suivez la situation de très près et vous vous interrogez sur votre avenir.

Suite à l’injonction du Conseil National de l’Ordre de fermer les cabinets, la profession a su s’organiser. Vous vous êtes mobilisés pour diriger vos patients, les conseiller, les tranquilliser, pour assurer une permanence en régulation téléphonique ou faire des tours de garde.

Certains sujets méritent notre attention afin de se préparer et anticiper notre reprise.

 

Les charges et aides diverses

Les syndicats, Union Dentaire en tête, ont tout mis en œuvre pour débloquer des situations préoccupantes au niveau des charges et pousser différents organismes à vous apporter des aides financières concrètes (participation de la CARCDSF, accélération de la mise en place du chômage partiel pour notre profession, …).

Il est temps que ces aides promises se mettent en place et arrivent désormais sur nos comptes !

 

La perte d’activité et sa prise en charge

Notre action et notre mobilisation à différents échelons de l’Etat ont permis d’obtenir il y a une semaine une garantie de prise en charge par l’Assurance Maladie d’une partie de vos pertes d’exploitation.

Cet accompagnement financier de votre perte d’activité permettra entre autres de couvrir les charges fixes (cotisations sociales, loyer(s), emprunt(s), prélèvements fiscaux,  …).

Vous recevrez un premier acompte vers la fin avril et un deuxième acompte pourrait être versé à la fin du mois de mai selon l’évolution de la situation. Une balance pourra ensuite être faite en fin d’année.

L’Union Dentaire, syndicat signataire, est invitée dans les prochains jours à finaliser l’établissement de la feuille de calcul de cette indemnisation.

Nous saurons vous défendre !

Il est primordial de sécuriser à présent ces différents dédommagements que vous avez reçus ou recevrez durant cette période de cessation d’activité. Et ce, dans le but de rouvrir vos cabinets rapidement.

 

La reprise

Deux temps se dessinent:

  • Avant le 11 mai

L’Union Dentaire, en étroite relation avec le CNO, l’ADF et les autres syndicats, souhaite que vous puissiez élargir votre activité à la prise en charge, pour chaque cabinet qui le souhaite, de ses propres urgences, notamment les urgences relatives (ou de seconde intention) qui empêchent vos patients de vivre normalement.

Une cellule de reprise d’activité a été mise en place en ce sens.

Tous les autres soins ne seraient pour l’instant pas autorisés.

  • A partir du 11 mai

Il y aura une reprise d’activité progressive.

Des protocoles précis nous seront fournis qui nous permettrons de reprendre votre exercice dans des conditions de sécurité sanitaire pour nos patients, nos personnels et nous-mêmes, tant que la pandémie sera encore présente.

Ces protocoles doivent absolument rester compatibles avec un exercice de ville habituel. Nous sommes sans aucun doute, par notre pratique habituelle, la profession de ville qui est la mieux préparée.

 

L’impact du COVID-19 sur notre profession

Avant de prendre des décisions hâtives, cette cellule de reprise d’activité, organisée autour du Conseil de l’Ordre National, doit organiser ou se servir des études épidémiologiques déjà réalisées dès que possible afin de connaitre l’incidence réelle de ce virus sur les chirurgiens-dentistes, l’équipe soignante et par conséquence sur la pratique des soins dentaires.

C’est le seul élément qui pourra réellement valider les futurs protocoles, par la réalité des faits et des conséquences.

 

Le(s) matériel(s) de protection

Ensuite, et seulement suite à ces études qui permettront de connaître cet impact, cette cellule devra se saisir de la question des fournitures nécessaires à la reprise et ne pas laisser chacun faire pour son propre compte ou sa propre région !

Notre profession est déjà très protégée. Les protocoles d’hygiène et de risques infectieux mis en place dans nos cabinets et validés par la Haute Autorité de Santé (HAS) ont déjà permis de se prémunir de l’ensemble des précédentes épidémies saisonnières et des infections virales plus importantes comme les hépatites ou le VIH.

Avec un système d’aspiration performant, nos équipements de protection actuels, blouses, masques, protections oculaires et éventuellement calots ou charlottes permettent aussi le confort et l’aisance nécessaire pour réaliser des soins de qualité dans des conditions d’asepsie excellentes.

Des améliorations seront peut-être nécessaires. Mais l’Union Dentaire souhaite que chacun retrouve son calme afin de poser les choses, réfléchir sur les conséquences de certaines annonces et que nos instances ne nous obligent pas, ainsi que notre équipe soignante, à nous équiper comme des spationautes pour soigner nos patients !

 

Le surcout engendré à la reprise

Enfin, après avoir pris en compte tous ces nouveaux critères générés par cette pandémie, des adaptations de la nomenclature devront bien sûr être mises en place : prise en compte des nouveaux coûts, accélération de la prise en charge de la téléconsultation dentaire.

Comme elle l’a été depuis le début de cette crise, l’Union Dentaire sera présente, à vos côtés, tout au long de cette période. Nous continuerons à informer toute la profession pour que vous puissiez enfin reprendre un exercice serein.

Cette cellule de réflexion sur la reprise d’activité est une très bonne initiative. Elle doit permettre au Conseil National de l’Ordre de répondre à nos attentes, à vos attentes : le Conseil National de l’Ordre a demandé une fermeture sur tout le territoire. Il doit désormais garantir une réouverture nationale dès la sortie du confinement avec l’équipement requis pour tous.

 

Bien confraternellement,

 

Philippe Denoyelle
Président de l’Union Dentaire
Chirurgien-Dentiste (Bergerac, 24)

 

 

Confinement, mais sans tabac ?

La France compte plus de 16 millions de fumeurs, dont 12 millions de consommateurs quotidiens, (Chiffres 2019 Info Tabac Service). Cette prévalence a pourtant diminué en quelques années, depuis 2016 (Santé Publique France, novembre 2019), suite à plusieurs mesures de Santé publique, emballage neutre, hausse des tarifs, meilleur accès aux traitements de substitution, campagne « mois sans tabac ».

Le tabac reste responsable de plus de 73 000 décès par an (Soit 200 décès par jour).

Les professionnels de santé sont quant à eux, pour 30% d’entre eux fumeurs.

Depuis la Loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, les chirurgiens-dentistes (comme les médecins, les sages-femmes, médecins de travail, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes) peuvent prescrire les substituts nicotiniques en première intention :

  • patchs nicotiniques
  • gommes à mâcher
  • comprimés à sucer
  • comprimés sublinguaux
  • pastilles

Depuis le premier janvier 2019, les traitements sont remboursés sur prescription à 65% par l’AMO*.

 

En cette période de confinement, pourquoi est-il opportun de diminuer sa consommation de tabac, voire de mettre en pratique ses velléités d’arrêt de fumer ?

  • Il est important de protéger ses poumons et ceux des autres. La consommation régulière de produits inhalés (y compris pour a cigarette électronique) augmente le risque d’infection et de forme sévère liée au coronavirus. La fumée exhalée contient des particules fines sur lesquelles peuvent se fixer ce virus. De plus, elle favorise la toux qui elle-même facilite la transmission du virus aux personnes proches.

Il est fortement conseillé de ne pas partager de cigarettes, et de se laver les mains avant et après toute consommation.

Certes, d’après l’interview du Professeur Bertrand Dautzenberg sur LCI lundi 13 avril, la proportion de patients fumeurs hospitalisés dans le cadre de l’épidémie est faible par rapport au nombre total de fumeurs dans la population.

Mais des études, dont celle publiée dans la revue médicale News England Journal of Médecine et relayée par l’Alliance contre le Tabac (dont le Pr Dautzenberg est Secrétaire Général), dans sa note d’information, affirment que le risque pour les fumeurs de développer une forme sévère due au Covid-19 est augmenté de 50% et de 130% en ce qui concerne le risque de décès !

  • Alors que cette période peut être compliquée à vivre, fumer aggrave le stress (contrairement à ce que l’on pense). Les collègues, consœurs, confrères, amis, ne sont plus avec vous pour vous tenter par une « pause clope » ou un apéro à une terrasse de café. C’est le moment de vous lancer !

 

Pour commencer, faites le point sur votre consommation, votre motivation, vos forces, vos faiblesses à l’aide du guide « J’arrête de fumer, le guide pratique pour y arriver ».

Et choisissez la date précise de début, il reste du temps avant le 11 mai, date de dé confinement annoncée (si possible) par le président de la République. Le sevrage se fait sur trois mois en moyenne (réduction de 1/3 de la consommation de tabac chaque mois).

Tabac Info Service  donne de nombreux conseils via son site et offre une aide personnalisée à l’arrêt du tabac. 

La Fédération Addiction donne elle-aussi des pistes à suivre. Avant tout, les fumeurs doivent apprendre à surmonter leur stress autrement, en diversifiant leurs activités, ou par des méthodes de respiration par exemple.

 

En cette période de crise sanitaire, les chirurgiens-dentistes peuvent aussi faire face aussi à des difficultés, que ce soit dans leur engagement pour le soin et suivi des urgences dentaires, ou dans le cadre du service sanitaire ou encore parce qu’ils sont inquiets sur les conditions de reprise de leurs activités et du suivi de leurs patients.

En cas de souffrance psychologique importante, il existe un numéro d’écoute gratuit désormais ouvert à tous les professionnels de santé : 0 800 800 854.

Il existe des groupes d’entraide accessibles sur FB, par exemple les habitants de la Nouvelle Aquitaine Mois sans Tabac, https://www.facebook.com/groups/NouvelleAquitaineMoisSansTabac/, ou Les Habitants des Hauts-de-France Mois Sans Tabac, https://www.facebook.com/groups/HautsdeFranceMoisSansTabac/

Les chirurgiens-dentistes fumeurs peuvent eux aussi s’ils en ont envie, débuter une période de sevrage tabagique.

Leurs cabinets dentaires sont fermés, mais ils restent disponibles par téléphone ou mail pour prescrire des substituts nicotiniques à leurs patients qui ont décidé de s’arrêter de fumer ou qui ne veulent pas « rechuter » à cause du confinement.

Retrouvez ici par exemple une ordonnance type pour sevrage tabagique.

La récompense de cet arrêt sera ressentie dès les premiers jours : un goût retrouvé.

 

Confinement, mois sans tabac, un challenge à réussir !

 

 

 

*Les officines peuvent pratiquer les dispenses d’avance de frais pour ces produits prescrits. Cette prise en charge n’est plus soumise à plafond annuel. Liste des substituts nicotiniques pris en charge par l’Assurance Maladie : https://www.ameli.fr/node/441422

Philippe Denoyelle “Cette expérience va modifier fortement notre exercice”

La crise actuelle aura des conséquences très lourdes pour l’exercice de notre profession pour le Président de l’Union Dentaire. Philippe Denoyelle fait un tour d’horizon de la situation actuelle. Organisation, indemnisations et avenir. Tout y passe.

 

 

Trait d’Union Le Mag : Dans cette période de pandémie la première question doit bien sûr être : comment vas-tu ?

Philippe Denoyelle : Avant toute chose, je témoigne mon soutien personnel à l’ensemble de mes consœurs et confrères qui ont été touchés par cette épidémie ! Pour ma part, ça va mieux. J’ai surement été infecté par ce virus dont j’ai eu à peu près tous les signes : essoufflement, toux, fatigue, perte du goût et de l’odorat. Mais ma fièvre est restée limitée. Donc je n’ai pas été testé. Mais concentrons nous plutôt sur la profession.

 

Quel point peut-on faire 3 semaines après la fermeture des cabinets?

Alors que nous arrivons vraisemblablement à l’accalmie attendue dans l’épidémie du CoVid-19 et ce, grâce au confinement, notre préoccupation actuelle, après avoir assuré la permanence sanitaire et avant même de préparer la sortie du confinement, est d’assurer la pérennité financière de nos cabinets.

 

Donc où en sommes-nous des aides promises?

Il faut dire haut et fort que certains jouent le jeu et d’autres pas. Les aides promises par l’Etat se mettent en place tandis que d’autres, en premier lieu les assureurs, ne remplissent pas leur rôle.Il faudra s’en souvenir le moment venu.

 

Peux-tu nous apporter des précisions sur le chômage partiel?

Tout d’abord, en ce qui concerne le chômage partiel de nos employés, les retours sont désormais positifs et nos structures verront les salaires de leurs assistant(e)s pris en charge à hauteur de 84 %. Ce qui est une excellente chose. Les premiers retours négatifs nous faisaient craindre le pire. Mais la pression que nous avons exercée sur les politiques ont permis de débloquer la situation. Et nous pouvons nous en féliciter.

 

Et sur les autres indemnisations ?

Pour les malades touchés par le virus et les professionnels concernés par les gardes d’enfants, là encore, le levier des indemnités a été actionné. Les prêts garantis par l’Etat commencent à être accordés et des indemnisations de l’Assurance Maladie devraient arriver dans les prochaines semaines. Cela devrait permettre à nos consœurs et confrères de passer le cap de l’arrêt de leur activité.

 

Il y a tout de même un grand absent : les assurances ?

Oui, c’est vrai, certains assureurs refusent d’assumer pleinement leur rôle. En effet, nous sommes obligés de négocier avec l’AG2R pour que la compagnie prenne en charge au-delà des Indemnités Journalières. Il est donc primordial que la profession privilégie le chômage partiel car l’Etat joue le jeu. Mais pas les compagnies d’assurance.

 

Et du côté de la Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes (CARCDSF) ?

La CARCDSF et ses administrateurs qui, après avoir répondu à l’UD que rien n’était possible et qu’il fallait rester réaliste, viennent hier de se rendre compte que la caisse avait un rôle à jouer. Nous les remercions pour ce premier geste substantiel. Selon nous, les propositions qu’ils ont avancées ne sont pas à la hauteur des espérances de la profession. Mais preuve est faite qu’il y avait (et qu’il y a encore), comme nous l’avons demandé, des marges de manœuvre.

 

Mais tout ce qui est acquis aujourd’hui n’est pas de nature à compenser totalement notre perte d’activité !

C’est à ce niveau qu’interviendra l’Assurance Maladie qui va dédommager nos cabinets en calculant nos pertes financières. La CNAM, par la voix de Nicolas Revel, son directeur général, a décidé et assumé pleinement de travailler avec les syndicats signataires de la convention afin de mettre en place, le plus rapidement possible, un système de dédommagement pour compenser une bonne partie de nos charges et de nos revenus.

 

Vous voulez donc dire que c’est l’Assurance maladie qui va financer nos pertes d’exploitation ? Sous quelles modalités ?

C’est encore un peu tôt pour le dire. Les détails seront abordés lors d’une visio-conférence en début de semaine prochaine. Les pertes de chaque cabinet vont être calculées et amèneront, à terme, à une indemnisation de chaque praticien par la caisse. Bien évidemment, le bilan précis ne pourra être réalisé que d’ici quelques mois. Nous allons demander le versement d’acomptes pour les semaines qui viennent.

 

Pour résumer, vous diriez quoi?

Disons que le chômage partiel, ajouté aux prêts garantis par l’Etat et l’aide de la CARCDSF, vont nous permettre de passer le cap du mois d’avril. Les acomptes de l’Assurance Maladie devraient permettre de nous organiser et de préparer l’après confinement. Cette expérience va, à l’évidence, modifier fortement notre exercice.

 

Une conclusion pour les consœurs et confrères ?

Je voudrais dire ici la fierté qui est la mienne de voir la solidarité des femmes et des hommes. Qu’ils soient installés, collaborateurs, étudiants, retraités. De les voir toutes et tous, aux régulations, en garde , en logistique, dans la réserve sanitaire, ne comptant ni leurs heures ni n’attendant rien d’autres que d’être utiles à nos concitoyens. Je suis fier de notre profession.

 

COVID-19 et déchets produits par les professionnels libéraux de santé

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a présenté dans son avis du 19 mars 2020, les modalités de gestion des déchets d’activité de soins (DAS) produits au cours de l’épidémie du virus SARS-COV-2 provoquant la maladie identifiée « Covid-19 », à la fois pour les établissements de santé, les professionnels de santé en exercice libéral et les personnes infectées ou susceptibles de l’être, maintenues à domicile.
Les recommandations concernant les professionnels libéraux de santé sont rappelées dans la fiche ci-dessous : Gestion des déchets d’activités de soins (DAS) produits par les professionnels libéraux de santé au cours de l’épidémie de Covid19 :
Il est rappelé que :
  • les DAS répondant à la définition d’un DASRI, en particulier les déchets piquants ou coupants sont à éliminer dans la filière des DASRI.
  • Les masques et autres équipements de protection individuelle portés par le professionnel de santé, sont placés dans un sac plastique pour ordures ménagères dédié, opaque, disposant d’un système de fermeture fonctionnel (liens traditionnels ou liens coulissants) et d’un volume adapté (30 litres au maximum). Lorsque le sac plastique pour ordures ménagères est presque plein, il est fermé et placé dans un deuxième sac plastique pour ordures ménagères répondant aux mêmes caractéristiques, qui sera également fermé. Les déchets sont stockés sous ce format durant 24 heures au lieu d’exercice du professionnel libéral avant leur élimination via la filière des ordures ménagères.

 

CQFD