Communiqué de presse de l’ujcd

Solidarité interprofessionnelle : l’Ordre fait désordre !

Le 30 avril, les ordres des principales professions de santé françaises (médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, kinés, pédicures-podologues et infirmiers) ont émis un communiqué pour s’indigner des scandales qui se sont succédés concernant la gestion des masques et notamment, dernier scandale en date, la vente dans les supermarchés de masques alors que les professions de santé en manquent cruellement.

L’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes et son président, Serge Fournier, ont fini par se désolidariser le 1er mai de cette initiative interprofessionnelle qui portait à soutenir les professions de santé, chirurgiens-dentistes inclus. Suite à cette publication, le communiqué de l’ordre pour se désolidariser a été retiré et remplacé par une justification expliquant que l’Etat avait promis des dotations de masques.

L’Union Dentaire regrette la position incompréhensible du Conseil National de l’Ordre des chirurgiens-dentistes.

L’union fait la force. Elle permet de porter plus fort les revendications de nos professions au plus haut niveau des autorités et d’être mieux entendu. Comment se plaindre d’être constamment oubliés quand on veut faire cavalier seul ?

L’Union Dentaire, en son nom et en tant que représentante de la profession de chirurgien-dentiste, s’associe aux autres professions de santé pour dénoncer les profits de certains, les annonces électoralistes des autres, cette guerre des masques dont les premiers perdants sont ceux qui, tous les jours, œuvrent pour la santé de leurs patients et souhaitent conserver la leur et celle de leurs proches.

Communiqué de désolidarisation de l’Ordre au Communiqué commun qu’il avait initialement signé : http://www.ordre-chirurgiens-dentistes.fr/index.php?id=161&tx_ttnews%5Btt_news%5D=1000&cHash=251f19748600e1b15582bed8ccc0ce3b

Loader Loading...
EAD Logo Taking too long?

Reload Reload document
| Open Open in new tab

Télécharger le communiqué commun ici [470.48 KB]

L’Aide de la CARCDSF arrive

Fin mars, l’Union Dentaire seule demandait à la Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes (CARCDSF) de verser une aide à tous les praticiens puisée dans le surplus de notre caisse de retraite. Après notre insistance et sur validation du Ministre de la Santé, cette aide vous sera versée très prochainement. Certains d’entre vous ont reçu un courrier. Mais étant donné que tout le monde ne l’a visiblement pas reçu, nous vous communiquons l’agenda des versements à venir :

Si vous réglez vos cotisations par prélèvements automatiques : la somme sera disponible sur votre compte, en tenant compte des délais de traitement bancaire les 12 ou 13 mai. Le second versement interviendra une semaine plus tard. Le troisième sera effectué les 8 ou 9 juin 2020. Nous vous rappelons que les sommes seront virées sur le compte bancaire utilisé habituellement pour le prélèvement de vos cotisations.

Si vous ne réglez pas vos cotisations par prélèvements automatiques : à partir du 15 mai, un formulaire sera disponible dans votre espace personnel sur le site www.carcdsf.fr  à la rubrique « Aides COVID-19 ». Vous devrez renseigner, sur ce formulaire sécurisé, vos coordonnées bancaires et joindre votre Relevé d’Identité Bancaire ou Postal. Les versements sur ce compte interviendront à partir du 27 mai 2020.

 

Avant, maintenant et après !

Chères Consœurs, Chers Confrères,

 

Les dernières semaines ont été éprouvantes pour vous. Vous avez fait face, courageusement, à la montée du CoVid-19 en France, notamment dans certaines régions très tôt durement touchées. Vous avez dû fermer vos cabinets, souvent dans la précipitation, avec des directions et des recommandations peu claires des autorités.

Vous, en tant que praticien, mais aussi en tant que membre d’une nation, d’une société, d’une famille, vous avez dû faire face à la sidération qui nous a saisi devant un tel événement, invisible, qui a mis le pays à l’arrêt. Nos esprits n’étaient pas préparés à cette situation. Les imprévus existent depuis des millénaires. Aucun gouvernant ou philosophe n’a jamais pu prévoir ce qui pouvait arriver. Mais comme toujours au cours de l’Histoire, vous avez su, nous avons su collectivement accueillir l’événement et y réagir.

 

Des nuages sombres qui se dissipent…

Les problèmes se sont accumulés. Mais nous avons tous pris notre part et su trouver, ensemble, des solutions.

Il a fallu organiser les urgences. La mobilisation de tous dans les régions a permis de prendre en charge les patients en besoin de soins et de réunir le matériel, parfois de manière épique, pour effectuer les gardes. Aujourd’hui, le système a montré ses limites. Chaque praticien retrouvera bientôt ses propres patients, rattrapera les urgences qui se sont aggravées, devra gérer les soins arrêtés et les traitements interrompus.

La gestion de nos salariés a pu paraître une tâche herculéenne qui a inquiété un certain nombre d’entre vous. Après les lenteurs administratives d’usage dont on se serait bien passées, nous avons obtenu que le chômage partiel puisse vous être accordé.

 

… et ceux qui restent au-dessus de nos têtes

L’orage grondait, la colère montait dans la profession. Oui, trop d’incertitudes et de maladresses, trop d’oublis voire de mépris, trop de silences.

Depuis le début de cette crise, l’Union Dentaire a déployé son énergie à pousser les autorités à vous indemniser. Comme dans toute situation inédite, il a fallu être créatif.

Nous avons fermement invité la Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages Femmes (CARCDSF – Carchident) à tendre la main à la profession en accordant une aide substantielle puisée dans nos réserves inutilisées. Même si elle tarde (encore !) à venir, nous les avons invités cette semaine à accélérer le mouvement et ne désespérons pas que vous puissiez recevoir votre premier virement dans les premiers jours du mois de mai.

Nos actions envers les élus de la Nation et nos échanges avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) et avec Nicolas Revel, son directeur général, nous ont permis d’envisager une indemnisation journalière permettant de couvrir une bonne partie de vos charges fixes (cotisations sociales, loyer, emprunt, prélèvements fiscaux,  …)  et de la perte d’activité que vous aurez lors de la reprise. Un formulaire sur Internet devrait être prochainement disponible pour que vous puissiez obtenir début mai votre premier acompte.

Vous avez tous participé à l’effort national en acceptant, gracieusement, de faire des consultations à distance et de délivrer des ordonnances. Il ne serait que justice que la télé-consultation soit reconnue pour notre profession. Nous y veillons.

 

Quel avenir ?

Maintenant, nous devons regarder devant nous, estimer les dégâts, reconstruire le monde d’après.

Les masques vont arriver. Nous avons poussé pour qu’ils soient accessibles à tous, sans différence de région, de moyens ou de réseau. Les prix sont encore élevés. Nous avons demandé leur encadrement. Avec le retour à l’activité normale, les industriels pourront être approvisionnés et les prix baisseront obligatoirement. Alors prenez contact auprès de vos fournisseurs habituels et surtout ne commandez pas trop ce qui entraînerait un risque de pénurie et une hausse des prix.

La semaine prochaine, la cellule « reprise d’activité et avenir », à laquelle nous participons avec les autres instances de la profession, sera en mesure de vous délivrer un protocole précis de reprise de soins.

Je ne vais pas vous mentir. Notre exercice ne va pas être seulement perturbé : il sera modifié. Il va falloir regagner la confiance des Français après les discours de certains cassandres, dans les médias ou ailleurs, nous décrivant comme des contamineurs en puissance. Vous êtes, nous sommes tous des professionnels responsables. Nous continuerons ce que nous avons toujours fait, depuis le VIH, les hépatites, … à nous surprotéger, nous et nos salariés, pour délivrer les meilleurs soins possibles à nos patients.

Mais il ne faut pas se leurrer. Les premiers temps seront difficiles. L’activité sera de facto réduite par les temps de désinfection et de distanciation entre chaque patient. Pour cette raison, nous avons demandé au Directeur général de la CNAM l’ouverture d’une négociation conventionnelle exceptionnelle afin de prendre en compte la perte d’activité et le surcoût de notre plateau technique.

Le 11 mai, nous allons ressortir. Nous retrouverons notre famille, nos amis, nos associés, nos collaborateurs et nos salariés. Nous allons reprendre le chemin de notre cabinet. La vie reprendra. Pas comme avant. Mais elle reprendra. Ce n’est pas fini !

 

Philippe DENOYELLE
Chirurgien-dentiste (Bergerac, 24)
Président de l’Union Dentaire

 

Retrouvez le reportage de France 3 : Coronavirus : pourquoi les dentistes ont le sentiment d’être les oubliés du système de soin?

La Corse engagée pour la profession

La Corse, île de beauté.
Avec la mer comme frontière naturelle.
Une chaîne de montagnes qui sépare les deux départements, Corse du Sud et Haute Corse.
Une collectivité territoriale unique.
Près de 350 000 habitants, dont 240 chirurgiens-dentistes, la Corse est le territoire le moins peuplé de France métropolitaine.
Et pourtant le 8 mars, malgré sa situation insulaire, Ajaccio est officiellement reconnue comme un « cluster » (zone à rassemblement massif de cas positifs au Covid 19). Aujourd’hui, l’île déplore 608 cas confirmés de CoVid-19 et 62 décès.

Dès le 5 mars déjà, notre confrère de Calvi, le Dr Raffalli, nous alertait sur la situation inquiétante de sa région et nous demandait si nous ne devions pas déjà réduire notre activité de façon conséquente. Il était précurseur.

François RAFFALLI est chirurgien-dentiste à Calvi. Président de l’Union Dentaire Corse, il préside également l’URPS Chirurgiens-Dentistes de l’île. Depuis le début de la crise, il est sur tous les fronts : lien avec le gouvernement et les institutions, l’Ordre, l’URPS, l’ARS ou en charge des soins d’urgence lors de ses gardes.

 

La Corse : en première ligne pour défendre la profession

Le Docteur Raffalli fait un bilan jusqu’ici positif de l’action des politiciens locaux dans la gestion de crise du CoVid-19. Les sénateurs Jean-Jacques PANUNZI, Paul-André COLOMBANI et Joseph CASTELLI, et les députés Jean-Jacques FERRARA, Jean-Félix ACQUAVIVA et Michel CASTELLANI ont répondu favorablement aux demandes de l’Union Dentaire relatives à la situation particulière des chirurgiens-dentistes. Ils se sont assez rapidement adressé aux Préfets, à l’ARS et au Ministre de la Santé pour défendre les intérêts de la profession toute entière.

Le 14 avril, le député Jean-Félix ACQUAVIVA a posé une question au gouvernement lors d’une intervention à l’Assemblée Nationale, demandant d’étudier la proposition de création d’un statut particulier, similaire à l’arrêt garde d’enfants, pour les chirurgiens dentistes. En réponse à cette question le Gouvernement a indiqué que l’Assurance Maladie verserait des Indemnités Journalières à chaque praticien. Dans un article paru dans Corse Matin du 27 mars, le Docteur François RAFFALLI a alerté sur le manque de matériel de protection accordé aux chirurgiens-dentistes et sur le flou concernant la situation des cabinets dentaires, fermés à la demande de l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes (ONCD) mais sans décret à l’appui.

Le 16 avril, l’URPS locale, dirigé par M. Raffalli,  alerte le Président de la Collectivité de Corse (CDC) sur les grandes difficultés économiques que traverse la profession dentaire depuis la recommandation de fermeture des cabinets par l’ONCD le 16 mars. Les aides de l’Etat (Fonds de Solidarité) et de la CDC doivent être versées à tous les praticiens, sans conditions, de façon à préserver l’offre de soins, de grande qualité dans l’île, dit le courrier.

L’Ordre a refusé de co-signer le courrier. Mais la CDC a répondu. Elle sera dès lors partenaire dans les actions de l’URPS, des représentants syndicaux, de l’Ordre, et de l’ARS. Après avoir doté les hôpitaux de Bastia et d’Ajaccio, elle s’est engagée à fournir des masques FFP2 pour la reprise et aider pour la commande des EPI. La distribution devrait se faire via les Conseils de l’Ordre.   

 

La prise en charge des soins d’urgence

Des visio-conférences ont été organisées régulièrement avec l’ARS, l’Ordre et l’URPS chirurgiens-dentistes Corse ainsi que des points hebdomadaires sur la permanence des soins (PDS), leur continuité, les perspectives et prospectives.

Suite à une réunion le 7 avril,  Xavier PIERI, Coordonnateur des professionnels de Santé libéraux à la Direction de l’Organisation des Soins, a adressé un arrêté portant modification de l’organisation de la permanence des soins (PDS) dentaires, signé par Me LECENNE.

Les représentants des chirurgiens-dentistes corses ont demandé à l’ARS régionale de notifier, par un acte écrit, les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’urgence sanitaire.

Dès le 23 mars, les gardes ont été organisées sur tout le territoire : deux à Bastia, une à Corte, une en Balagne, une en Plaine Orientale, quatre à Ajaccio, une à Porto-Vecchio, une à Sartène avec un régulateur présent à Bastia et un à Ajaccio. Depuis le début de la crise, chaque praticien est chargé d’effectuer une  pré-régulation par transfert d’appel ou e-mail.

Il semble n’y avoir pas trop de surcharges de patients, avoue François Raffalli. Bastia passera peut-être à 4 cabinets de garde. Et pratiquement tous les cabinets sont fermés même si la CPAM constate quelques exceptions. Pour palier à l’absence des assistant(e)s, il arrive que deux dentistes soient présents lors d’une même garde.

Immédiatement après la mise en place du plan de soin des urgences, l’URPS a fourni 1000 kits d’équipements de protection individuelle (EPI : charlottes, sur chaussures et blouses). Décathlon a même contribué à l’effort en fournissant une soixantaine de masques de plongée et une vingtaine de combinaisons étanches.

L’ARS et l’Ordre, de leur côté, fournissent deux masques FFP2 par garde. Depuis, l ‘URPS a commandé 400 kits supplémentaires, 500 visières et 400 cagoules.

 

Une inquiétude qui monte dans la profession

On le sent, les praticiens sont très préoccupés pour la survie des cabinets, s’inquiète le Président de l’Union Dentaire Corse. On voit de plus en plus d’urgences arriver en nombre, avec une certaine gravité et aussi pas mal de demandes de confort (descellements, etc.). Franchement, il faut absolument finir nos soins vus en urgence en début de crise, s’alarme François Raffalli. Sinon, ça va s’aggraver. On ne peut pas laisser les patients sans soins définitifs aussi longtemps.

 

Le déconfinement

Le confinement est assez bien respecté par les habitants de l’île, note-t-il avant d’ajouter qu’une grande prudence doit être de mise, comme dans toutes les régions, pour la reprise de notre activité. 

On a beaucoup de chirurgiens-dentistes qui se demandent comment va se passer la reprise, souligne le docteur Raffalli. Pour eux naturellement. Mais aussi pour leurs employés et leurs patients. Le 21 avril, Jean-Paul MANGION a animé une conférence sur la reprise en partenariat avec l’Université de Corse. Un souffle d’air pour une nouvelle période qui s’ouvre? Le sujet est vaste comme les débats autour du CoVid-19 : les dispositions à prendre dans les cabinets dentaires, les mesures  pour assurer la sécurité sanitaire et bien sûr, un point sur les différents tests.

Mais François Raffalli est confiant et fier de sa région. Les praticiens corses, comme partout en France, se sont engagés pour leur profession et pour leurs patients. Je les félicite, s’enthousiasme le président de l’Union Dentaire corse. Du fond du cœur, je les remercie, c’est assez émouvant. Bravo la Corse ! Et il ajoute dans un geste de solidarité à l’attention de ses consœurs et confrères qui font face à cette crise sans précédent dans toutes les régions de France métropolitaines et d’Outre-Mer : tenez bon !

 

Annexes

Cliquez ici pour lire la lettre adressée par le Sénateur de la Corse-du-Sud, Jean-Jacques PANUNZI à M Olivier VERAN
Cliquez ici pour lire la question du député et sa réponse publiée au JO du 21/04/2020.
Cliquez ici pour lire l’article de Corse Matin.
Lire la lettre en intégralité en cliquant ici.
Lien vers le site de l’ARS Corse www.ars.corse.sante.fr
Cliquez ici pour lire la Fiche de procédure de l’organisation de la permanence de soins dentaires pour les soins urgents (Covid 19)
Cliquez ici pour lire l’arrêté ARS n°2020-130 du 20 avril 2020 portant modification de l’organisation de la permanence des soins dentaires en Corse.
Conférence disponible sur www.frenchtooth.fr.