Diffusions Publiques sur la Presse, les Chirurgiens-Dentistes et les Actualités.

L’été arrive. Et après, que va-t-il se passer pour nous?

Nous avons pu constater vendredi dernier lors du dernier Groupe de Travail Objectivation de la perte d’activité et des coûts liés aux équipements de protection individuelle  que la trêve estivale était déjà arrivée du côté des institutionnels. Sans Directeur général à la barre de l’Assurance Maladie depuis le départ de Nicolas Revel pour Matignon, les discussions sont donc remises… à une date ultérieure.

L’été aura, en 2020, une saveur toute particulière tant les contextes économique, sanitaire et social sont tendus.

 

En effet, alors que la remise à plat du système hospitalier et des rapports ville-hôpital se définissent au sein du Ségur de la santé auquel vient de participer l’Union Dentaire, les suites de la première vague de la COVID 19 impactent toujours notre exercice.

 

Si notre profession a su activer les leviers qui nous ont permis de traverser l’épreuve (chômage partiel, prêt garanti par l’Etat (PGE), aide de la CARCDSF et participation de l’Assurance Maladie (AM) à nos pertes), notre façon d’exercer a été largement impactée et continue de l’être.

 

Bien que notre profession ne soit pas ni la plus demandeuse, ni la plus concernée, ce Ségur de la santé, outre l’amélioration de la rémunération des personnels soignants, devra modifier dans l’avenir la relation entre les soins de ville et les soins hospitaliers, non seulement par le biais d’une permanence des soins (PDS) plus concertée, mais aussi par la montée en puissance des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

 

L’Union Dentaire joue pleinement son rôle, en étant présente dans les différentes commissions paritaires qui se mettent en route.

 

Notre profession aura su réagir et s’imposer en tant que discipline médicale à part entière et bénéficier d’un certain nombre d’aides, dont la plus importante, négociée par les seuls syndicats signataires de la Convention, et profitable à l’ensemble des praticiens, est celle de l’Assurance Maladie (pour rappel, la seconde déclaration concernant la période du 11 au 31 mai, doit être faite avant le 15/07).

 

Des négociations, menées elles aussi par les seuls syndicats signataires, sont actuellement en cours, notamment pour un forfait COVID demandés par l’UD, afin de palier notamment  à la perte d’activité liée au temps d’aération  imposé pour les soins aérosolisants.

 

Des protocoles précis et stricts ont été établis, qui mettent notre profession dans des difficultés que nous ne connaissions pas et qui risquent de perdurer. Outre le fait que l’UD demande leur adaptation  notamment dans les départements ou régions à faible circulation virale, notre demande sur les tests a été acceptée, et aujourd’hui tout chirurgien-dentiste peut bénéficier d’un test de dépistage.

 

L’avenir va nous amener à une réflexion sur nos exercices, et plus particulièrement sur les conduites à tenir en cas de poursuite de la pandémie mais aussi en cas de toute nouvelle épidémie.

Les  habitudes, prises dans nos échanges par le biais des visioconférences, devraient aboutir à intégrer, dans notre pratique, la télémédecine sous toutes ses formes : téléconsultation, télésurveillance, télé expertise, télé régulation.

 

Ces évolutions vont se négocier avec un nouveau gouvernement qui devra prendre en compte ces besoins dans le cadre d’une économie en berne.

Gageons que notre ministre, en place depuis quelques mois, aguerri à cette période de combat, saura trouver les ressources nécessaires pour que l’Odontologie reste à son niveau performant.

 

Votre syndicat, l’Union Dentaire, restera sur tous les fronts pour vous défendre et défendre notre profession.

Allégeons les protocoles & dépistons les chirurgiens-dentistes !

L’Union Dentaire soutient :

  • l’allègement des protocoles avec des solutions régionales adaptées aux particularités locales et à l’évolution de la situation sur les territoires
  • le dépistage des chirurgiens-dentistes et de leurs personnels afin d’avoir une enquête épidémiologique valable pour tout le territoire et défendre notre profession face aux attaques de “plus grand contamineur de France”

Pour cela, l’Union Dentaire publie ce soir une lettre ouverte à Serge Fournier, Président de l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes.

 

LETTRE OUVERTE A M. SERGE FOURNIER
PRÉSIDENT DU CONSEIL NATIONAL DE L’ORDRE DES CHIRURGIENS-DENTISTES

« ALLÉGEONS LES PROTOCOLES & LANÇONS UNE ENQUÊTE ÉPIDEMIOLOGIQUE POUR LA PROFESSION »

 

Paris, le 6 juillet 2020

Monsieur le Président,

Le Conseil National de l’Ordre a promulgué des protocoles de soins le 11 mai 2020 sur l’ensemble du territoire. La situation sanitaire ayant fortement évolué depuis, il nous apparait aujourd’hui indispensable de les revoir le plus tôt possible.

L’Union Dentaire vous demande, et vous appuiera, dans tout allègement de ces protocoles en concordance avec l’évolution de l’épidémie en France. Il serait logique et opportun que ces allègements correspondent à la situation sanitaire du département voire même à l’échelle d’une ville.

Des études scientifiques commencent à analyser nos pratiques et montrent un rôle contaminant bien moins important qu’initialement avancé. Parallèlement, certains pays ont mis en place des protocoles différentiés et évolutifs par région.

Notre profession a été dépeinte par certains représentants de la profession comme la plus contaminante et la plus contaminée (sic) par la Covid-19, sans absolument aucune justification probante. Il nous faut maintenant subir ce qui est devenu un préjugé. Nous n’avons jamais compris l’objectif de ces propos et chaque chirurgien-dentiste, aujourd’hui, en paie les conséquences.

Nous invitons nos confrères et nos consœurs à effectuer un test pour se faire dépister*. Cela permettrait, à titre personnel, de connaitre l’état de santé du praticien, et de manière plus large, de lancer une grande enquête épidémiologique. Une première étude a été réalisée dans les départements alsaciens très impactés par cette épidémie. Les résultats, bien que trop parcellaires, semblent contredire la dangerosité arguée par certains. Cette étude sérologique, à l’échelle de tous les personnels des cabinets dentaires, permettra de faire la lumière sur la réalité de la contamination liée à la Covid-19 au sein des professionnels dentaires. Il permettra aussi d’évaluer le risque réel de la pratique dentaire, pour nos patients et nos personnels. A ce jour, des études menées chez les professionnels de santé à l’étranger révèlent que notre profession est l’une des moins touchées par le virus.

Ces deux décisions fortes que nous vous demandons sont de votre ressort. L’Union Dentaire et l’ensemble des chirurgiens-dentistes et personnels des cabinets dentaires seront à vos côtés pour soutenir ces deux mesures bénéfiques pour la pratique et l’image de notre profession.

L’Union Dentaire

* Arrêté du 25 juin 2020 paru au journal officiel, les professionnels de santé peuvent bénéficier d’examens de détection du génome du SARS-CoV-2 et/ou d’examens de recherche des anticorps dirigés contre ce virus : à leur demande et sans prescription médicale, sur présentation de la CPS, dans le laboratoire de biologie médicale de leur choix.

 

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Ouverture de la déclaration CNAM pour la période juin 2020

La déclaration pour faire votre demande auprès de la CNAM d’indemnisation de la perte d’activité pour la période du 1er juin au 30 juin est ouverte sur la page ameli.pro selon les mêmes modalités que pour les mois précédents.

Si vous avez déjà fait votre déclaration pour les premières périodes, les montants 2019 déjà déclarés seront pré remplis dans la nouvelle déclaration, avec possibilité de les modifier si vous jugez que c’est nécessaire.

Si vous ne l’avez pas déjà fait, vous pourrez encore faire la déclaration au titre du mois de mai jusqu’au 14 juillet.

Pour rappel, pour pouvoir bénéficier de l’indemnisation, dont le montant sera calculé fin 2020, il est nécessaire de demander une avance via le téléservice. Si aucune avance n’est sollicitée par le professionnel de santé, la demande d’indemnisation n’est pas enclenchée.

Il n’est pas possible techniquement de modifier la déclaration une fois que vous l’avez validée, aussi est-il très important de vérifier les données renseignées avant de procéder à leur validation, afin de ne pas s’exposer au risque de devoir rembourser une partie de l’avance à l’issue du calcul final de l’indemnisation.

C’était hier, changeons demain !

Dans ce monde rien ne sera plus comme avant et pourtant tout repart comme avant.

Les responsables se déresponsabilisent. Les fonctionnaires dysfonctionnent. Les politiciens politicaillent.

Les soignants travaillent toujours de plus en plus dur. Le cabinet d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui. L’exercice est contraint et les normes plus contraignantes. La fatigue physique et mentale est à son paroxysme.  Cela doit changer.

Dans un monde pragmatique, les protocoles doivent être validés par la pratique du terrain et pas seulement par des bibliographies. La réalité de la contagiosité de nos professions doit être établie par les faits : quantification des aérosols et de leurs effets contaminants réels et donc de la réalité de la contamination induite dans les cabinets.

  • L’Union Dentaire demande aux sociétés savantes de la profession de réaliser ces études pour la Covid ou tout autre épidémie à venir.
  • L’Union Dentaire demande au Conseil National de l’Ordre des Chirurgiens Dentistes (CNO) une étude sérologique de toute la profession (praticien et assistant(e)s) afin de juger de la réalité chiffrée de la contamination au sein des cabinets dentaires français

Dans un monde normal, soit les protocoles ne sont plus justifiés et on les supprime. Soit ils le sont encore et on demande la prise en charge de ce coût par ceux pour qui ils sont pris, nos patients , etc… A charge des assureurs de décider de le rembourser ou pas.

Dans un monde juste, un coût doit être assumé par celui qui l’occasionne ou le demande et pas par celui qui l’effectue.

L’Union Dentaire souhaite l’ouverture de négociations tarifaires « supplément covid » rapidement après les conclusions du groupe de travail.

Dans un Monde d’Après, les soignants ne sont plus ceux «  qui, de toutes façon, le feront gratuitement car ils ont une éthique. Et puis ils gagnent déjà bien leur vie avec le reste !!! ».

Dans le Monde qui ne doit plus être celui d’Avant, on fait confiance au terrain. On écoute les soignants parce qu’ils ont aussi l’expertise du réel , plus que les bureaucrates dans les bureaux dorés des comités Théodule ou agences tartempion.

Dans le Monde de Demain, c’est l’intelligence et la discussion qui doivent l’emporter.

Dans ce Monde, le temps n’est pas à soulever les problèmes, il est à trouver des solutions.

L’Union Dentaire invite les autres syndicats à  trouver une proposition commune sur ce supplément covid.

Dans le Monde d’Hier, les assureurs complémentaires ne visaient qu’à baisser les revenus des professions de santé. Dans le Monde du pendant, ils ont été les seuls à être ostensiblement absents et à faire de gigantesques économies. Dans le Monde d’Aujourd’hui, ils veulent baisser les rémunérations des praticiens isolés pour privilégier les exercices groupés. L’Union Dentaire s’indigne de ce mépris et de cet abandon renouvelés des soignants. Nous rappelons aux assureurs que leur rôle est de couvrir les frais de santé de leurs cotisants et pas de pressurer les professionnels de santé et de faire vivre leurs actionnaires.

Dans le Monde du confinement, l’efficience a été trouvée au plus près du terrain. Du national vers le local. C’est confronté aux problèmes à l’échelle humaine que les solutions ont été trouvées localement. Devant la brutalité de l’épidémie, son intensité et sa fulgurance, les décisions fortes et générales étaient les seules possibles et nécessaires. Nous ne sommes plus dans ce monde-là, l’épidémie diminue, bien que toujours présente, et les rebonds toujours possibles, les fortes disparités régionales doivent amener des adaptations localisées des protocoles.

L’Union Dentaire demande au CNO une adaptation locale des protocoles délégués aux Conseils Départementaux de l’Ordre en fonction des considérations de l’épidémie locale, afin de maintenir dans chaque territoire les protocoles les plus adaptés aux risques réels, en temps réel.

Dans ce Monde à venir, chacun doit lucidement analyser le passé, son passé. Si ce monde doit changer, à nous de le changer. A nous de nous changer.