Edito : La démographie, un sujet pressant pour préparer l’avenir de la profession

La rentrée est déjà loin. Nous enchainons les patients. Le retard pris pendant le confinement ne se comble toujours pas. Nos personnels sont  exaspérés par les difficultés de gestion du planning et font face parfois au mécontentement des patients. Et bientôt, l’hiver arrivera et nos cabinets, aérés tous les quarts d’heure, deviendront de vraies glacières. Si nous nous protégeons déjà contre le CoVid, il faudra bientôt qu’on se prémunisse aussi contre la grippe et les rhumes.

Les chirurgiens-dentistes se retrouvent parfois seuls, démunis. Cette sensation est augmentée par la fatigue des longues heures passées au cabinet.

Et c’est encore plus le cas lorsque vous vous trouvez dans les zones sous-dotées, loin de consœurs et de confrères pour vous épauler et échanger.

Pour l’Union Dentaire, la question de la démographie est capitale. C’est un enjeu majeur de notre pratique sur le territoire : pour une meilleure répartition des soins pour tous les Français, partout.

C’est pourquoi il est également urgent d’aborder ce sujet. Il fait partie intégrante de la convention signée en 2018. Nous devons préparer l’avenir. Pour cette raison, nous avons demandé à ce que l’Union Nationale des Étudiants en Chirurgie Dentaire (UNECD) rejoigne les syndicats signataires au groupe de travail sur la démographie.

Certains départements de France métropolitaine se retrouvent avec moins de 40 chirurgiens-dentistes pour 100 000 habitants*, soit moins d’un chirurgien-dentiste pour 3300 habitants. La Creuse, l’Eure, l’Indre, la Manche, la Mayenne, l’Orne, la Somme, l’Yonne sont les moins dotés. En Outre-Mer, le constat est alarmant : 1 chirurgien-dentiste pour 3450 en Guyane et 1 pour 16600 habitants à Mayotte ! Les régions de la côte Nord jusqu’aux zones rurales continentales sont, sans surprise, les plus défavorisées. Le Sud-Ouest, le Sud-Est, la Bretagne Sud et l’Est de la France sont les mieux dotés. A l’autre bout de l’échelle, en comparaison, à Paris, on a 1 chirurgien-dentiste pour 709 habitants !

Ces différences flagrantes pointent du doigt l’inégalité d’accès aux soins. Une action concertée entre les différents acteurs nationaux et locaux est indispensable. On ne peut pas séparer l’accès aux soins des différents outils incitatifs à l’installation. L’Union Dentaire travaille activement à des propositions pour trouver des solutions concrètes à l’installation des jeunes chirurgiens-dentistes répondant à la fois à leur désir d’exercer, quel que soit leur mode d’exercice, et aux besoins de la population et des territoires.

Notre profession a, plus que jamais, besoin d’une réflexion à court terme pour résoudre nos problèmes quotidiens dus au CoVid mais aussi d’une réflexion prospective pour envisager l’avenir des chirurgiens-dentistes en France. Maintenant qu’il est plus difficile de voyager à l’étranger à cause du CoVid-19, il serait peut-être temps de ne pas remettre toutes ces discussions aux calendes grecques, non ?

 

Franck MOUMINOUX
Secrétaire Général
Chirurgien-dentiste (Aurillac, 15)

Carte élaborée par l’Union Dentaire d’après les données compilées par l’ONCD et statista.com. Chiffres de 2018

 

Dernière ligne droite pour le virage numérique en santé ?

Le décret du 8 octobre 2919 impose l’utilisation de l’INS pour échanger et/ou référencer nos données de santé, pour mettre l’identitovigilance au cœur de la sécurité des soins. Le but est que tout professionnel de santé identifie un patient avec sécurité de la même manière au cours de son parcours de soins, afin de garantir la qualité des informations médicales partagées et, par conséquent, la sécurité de sa prise en charge.

L’identitovigilance a pour vocation d’éviter les doublons (plusieurs dossiers pour le même patient avec des éléments médicaux qui ne sont pas reliés) mais surtout les fusions (fusionner les dossiers de deux patients qui ont un haut degré d’homonymie).

L’INS (Identifiant National de Santé) est le résultat du croisement par le praticien de deux types de données qui vérifie l’identité de son patient en croisant :

  • le NIR numéro d’inscription au répertoire des personnes physique ou NIA, qui est un numéro provisoire en attente de NIR) L’INSEE attribue un NIR à chaque nouveau français (naissance ou naturalisation). Pour la plupart d’entre nous c’est notre numéro de sécurité sociale… sauf… que jusqu’à 13 ans, nous utilisons souvent, comme l’assurance maladie, le NIR des parents. Et pourtant, ces enfants ont un NIR qui leur est propre qui figure sur l’attestation de sécurité sociale de leurs parents).
  • les traits d’identité de l’état civil : nom de naissance (pas le nom d’usage), prénoms, date de naissance, lieu de naissance et sexe.

Sous réserve que nos logiciels aient intégré les éléments relatifs à cet INS, depuis janvier 2020, dans nos cabinets, nous devrions procéder à une vérification d’identité pour qualifier (sécuriser) cet INS lors de la prise en charge de nos patients en leur demandant une carte d’identité, un passeport, un titre de séjour ou un acte de naissance. Cette démarche, inutile pour un patient connu du praticien, s’impose pour tout nouveau patient. Après cette vérification le logicien du praticien vérifie la conformité des informations sur le téléservice INSi. L’INS est ainsi créé définitivement pour ce praticien.