Le 1er avril 2019 : la fin des cabinets dentaires ?

Par Franck Mouminoux, Secrétaire Général de l’Union Dentaire

 

Dans quelques jours, dès le 1er avril, la nouvelle convention, tant critiquée par certains, se mettra en place et commencera bien sûr à produire ses effets positifs pour la très grande majorité des cabinets dentaires. Positifs se demanderont certains ? Il est important de rappeler qu’aucun syndicat n’a fait opposition avant sa publication, ni même déposé le moindre recours au Conseil d’État, comme il lui était possible de le faire.

 

Cette convention ne serait-elle donc pas si mauvaise que cela ? La décrier systématiquement ne servirait-il qu’à des fins électoralistes en jouant systématiquement sur la peur auprès des praticiens ?

 

L’Union Dentaire a fait le choix de l’avenir en signant cette nouvelle convention pour permettre aux praticiens, comme nous l’avons déjà souligné, d’améliorer leur exercice et de le faire évoluer, en offrant à leurs patients de nouveaux actes, de nouvelles prises en charge par les caisses. Cette vision n’est pas comparable à un règlement arbitral qui s’appliquerait sans signature par l’UD et les CDF. Situation qui serait dramatique pour nos cabinets. Rappelons enfin que tout règlement arbitral est et sera désormais juridiquement incontestable suite à la décision du Conseil d’État.

 

Pour autant, un point de vue divergent subsiste entre l’UNCAM, l’UNOCAM et les syndicats signataires, en ce qui concerne le panier 100% santé. Les caisses imaginent que les praticiens ne chercheront qu’à se diriger vers le panier libre, et délaisseront de facto le panier 100% santé alors que les praticiens craignent au contraire un choix massif de nos patients vers les actes du panier à reste à charge zéro.

 

C’est pourquoi, lors du groupe de travail sur l’élaboration d’un nouveau devis, en discussion actuellement, les deux syndicats signataires travaillent ardemment pour que celui-ci soit le plus simple et le plus lisible possible. L’Union Dentaire souhaite qu’on ne nous impose pas de proposer d’emblée l’alternative thérapeutique en reste à charge 0. Autrement dit, nous désirons que le praticien puisse faire son devis en cohérence avec le plan de traitement qu’il estime le meilleur pour son patient, et que dans un deuxième temps, si reste à charge il y a, il propose une alternative en RAC0, quand elle existe, conformément aux dispositions du texte conventionnel.

 

L’Union Dentaire l’affirme haut et fort : nous ne validerons qu’un modèle de devis qui soit acceptable par notre profession ! Nous l’avons déjà dit, et nous le répèterons : ce n’est pas parce que nous avons signé la convention que nous signerons tout ce qui nous sera présenté, notre seul leitmotiv sera toujours l’intérêt de notre profession.

 

Certes il y aura peut-être quelques évolutions de pratiques liées à l’usage des matériaux classés dans les différents paniers, mais la convention ne modifiera pas la façon de soigner de chacun ! Nous devrons toujours, comme nous le faisons actuellement, expliquer à nos patients le pourquoi des plans de traitement que nous leur proposerons.

 

Nous vous souhaitons de passer le cap du 1er avril dans les meilleures conditions, et d’en constater rapidement les premiers effets positifs. Depuis le mois d’octobre dernier, l’UD aura fait plus de 90 réunions d’information pour expliquer cette nouvelle convention afin qu’elle se mette en place rapidement et sereinement dans nos cabinets.