Dentaire : Quel avenir ?

Lors de la dernière Commission Paritaire Nationale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (CPNEFP), l’Observatoire prospectif des Métiers dans les Professions Libérales (OMPL), a présenté une étude prospective sur le futur de notre branche professionnelle.

Bien sûr, une étude prospective n’a pas pour objet de prédire l’avenir, mais prenant en compte les tendances lourdes et les signaux faibles, elle met en perspective les scénarii possibles pour nous aider à le construire.
L’Union Dentaire vous propose de retrouver les grands points évoqués lors de cette présentation :
On note une démographie des chirurgiens-dentistes en croissance, le recul drastique de l’exercice isolé et la montée en charge des contraintes :
– la technologie qui évolue très vite
– les normes qui augmentent
– la complexification administrative et les contraintes liées à la nouvelle convention
– l’importance accrue du relationnel
Le nombre des chirurgiens dentistes est envisagé à la hausse sans pour autant avoir des données exactes car de nombreuses incertitude demeurent :
– disparition annoncée du Numerus clausus ?
– arrivée des étudiants formés à l’étranger?
– flux des praticiens étrangers ?
on peut envisager 48000 chirurgiens dentistes en 2040,  soit +18%.
Les enjeux de la formation professionnelle sont importants :
– dans les domaines techniques, technologiques et numériques
– dans le relationnel avec les patients, les salariés ,les collaborateurs et ou associés
– dans tout ce qui concerne l’administratif
– dans le domaine réglementaire, juridique  car il y a une inflation des normes
La tendance au regroupement est très nette car en 5 ans on est passé de 53 à 58% des cabinets avec une stratégie de regroupement d’expertises.
La plupart des cabinets de groupes sont en milieu urbain et se retrouvent confrontés à la concurrence.
Il existe une concurrence externe croissante par les centres de santé low-cost, lesquels ont avalé 20% de part de marché en plus entre 2015 et 2019 et ils gèrent désormais 12% de la masse des frais remboursés.
Quand on combine tout cela : croissance du nombre de praticiens + croissance de la demande de soins + croissance modérée des honoraires + pression des concurrents hors branche, on obtient un modèle de lutte concurrentielle, ce qui implique une rationalisation des soins pour une meilleure efficacité et plus de volume.
L’accroissement du nombre de praticiens par cabinet impliquent la nécessité de compétences particulières et favorisent aussi le salariat. Cela implique également une formation plus valorisante et qualifiante des assistantes dentaires .
Un scénario probable semble se dessiner :
– main mise des financiers sur le dentaire
– les forces de négociations vont devenir périlleuses avec une pression sur la solvabilisation
– les conditions de travail des assistantes dentaires peuvent se trouver très affectées si une pression à la productivité devient la règle
A l’étranger on voit un développement des groupements en cliniques dentaires et du salariat. En Suède, par exemple, ce sont des entreprises privées dentaires ou de santé internationales qui rachètent les cabinets.
La qualité de formation des chirurgiens dentistes et de nos assistantes dentaires est aussi et sera primordiale pour garder des normes de qualité.
Beaucoup de sujets que les groupes de travail aux sein de notre structure appréhendent déjà et sur lesquels ils réfléchissent et établissent déjà des réflexions qui deviendront les décisions de demain.
Par Janig Bruchier, Vice-Présidente Nationale de l’Union Dentaire