En l’état, l’UD ne signera pas un avenant CMU-ACS

Par Philippe Denoyelle, Président de l’Union Dentaire

 

En janvier dernier en cours des négociations conventionnelles, notre ministre de la santé affirmait que les ACS rejoindraient le cadre général de la convention et donc le 100 % santé.

Aujourd’hui, ce qui est proposé aux français et par voie de conséquence à la profession, n’a plus rien à voir puisqu’il est question de fusionner l’ACS avec la CMU-C aux tarifs de la CMU-C.

 

Pourquoi cela est-il inacceptable pour l’UD ?

 

  • Parce que contrairement à ce qui avait été dit et prévu pendant les négociations conventionnelles, l’UD ne se battra et n’acceptera que des améliorations (comme sur les bridges collés, les bridges Cantilever, les métaux précieux), et refusera toute” sous nomenclature “et tout recul pour une partie de la population.

 

  • Parce que les ayant droits ACS qui adhèrent à une mutuelle par le biais d’une participation de 1 euro par jour (30 euros par mois, soit plus que ce qu’ils cotisaient souvent auparavant) n’auraient pas droit aux mêmes paniers de soins que tous les autres adhérents à une complémentaire, mais au panier réduit de la CMU-C, ce qui est injuste et amoral.

 

  • Parce que, si la profession accepte de pratiquer des tarifs sociaux pour déjà 5,5 millions d’ayants droit CMU-C, il n’est pas possible d’augmenter ce nombre à près de 10 millions de français, ce qui risquerait de remettre en cause les équilibres financiers prévus par la nouvelle convention dentaire et en conséquence celui des cabinets ayant déjà un fort taux de CMU et qui amènerait à terme une désertification encore plus importantes des quartiers concernés.

 

  • Parce que l’envoi à tous les parlementaires de notre dossier sur les conséquences de la fusion ACS CMU-C reçoit un très bon accueil. En effet, l’ensemble des nombreuses réponses ainsi que notre audition à la commission des affaires sociales du Sénat montrent que notre action est comprise et commence à porter ses fruits.

 

Le 100 % santé pour tous promis par ce gouvernement ne s’adresserait donc qu’à une partie de la population, signifiant un manque d’égalité patent.

Les praticiens devront faire face à l’incompréhension voire de la colère des patients bénéficiaires de l’ACS face à cette tromperie , quand ils s’apercevront qu’ils n’ont pas droit au 100% santé de la convention négociée, mais à un choix de prothèses moindre.

 

Donc NON et fermement NON, si un avenant allant dans ce sens était proposé aux syndicats signataires, l’Union Dentaire refusera de le signer et le combattra.

Parce que l’UD continuera son rôle de défense de la profession en faisant tout son possible pour faire respecter les accords prévus dans la nouvelle convention.

 

L’Union Dentaire permet ainsi par sa signature le contrôle et l’amélioration du texte, rendus impossible si nous étions restés sur la touche à attendre d’hypothétiques résultats électoraux.