Au niveau des protocoles, rien de nouveau?

Le Conseil national de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes a publié le 15 juillet une version modifiée des recommandations transitoires du Guide Soignant réunissant les Recommandations d’experts pour la prise en charge des patients nécessitant des soins bucco-dentaires en période de déconfinement dans le cadre de l’épidémie de COVID-19.

Les évolutions sont mineures. L’Union Dentaire a appelé dernièrement à rendre ces protocoles plus adaptés aux spécificités régionales en fonction de l’évolution (positive ou négative) de la situation dans chaque département.

Lire notre article sur l’appel à adapter les protocoles localement en cliquant ici

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Résumé des évolutions

Les groupes de patients restent inchangés. Les évolutions présentées ci-dessous sont les principaux changements par rapport à la version 2. Cependant, il est fortement recommandé au lecteur de prendre connaissance de l’ensemble du document car cette synthèse ne peut pas regrouper toutes les évolutions des recommandations.

a) Concernant la climatisation
Il est possible d’utiliser la climatisation dans les conditions suivantes :
▪ Lorsque celle-ci est nécessaire pour assurer des conditions de travail acceptables, à la plus faible vitesse possible, sans diriger le flux d’air vers la zone de soins et en assurant un apport d’air neuf régulier (cf. 6.1) ;
▪ Pour les patients du groupe 1 : pendant et en dehors des soins quels qu’ils soient ;
▪ Pour les patients du groupe 2 : uniquement en dehors des périodes où les aérosols sont produits ou encore en suspension.

b) Distinction des conditions cliniques générant des aérosols
Conditions d’exercice ne générant pas d’aérosols
• Pas d’utilisation de la seringue air-eau
• Pas d’utilisation d’un instrument rotatif
• Pas d’utilisation d’un instrument à ultrasons
• Pas d’utilisation d’un aéropolisseur

Conditions d’exercice générant une faible production d’aérosols provenant de liquides biologiques*
• Utilisation ponctuelle de la seringue air-eau et sans utilisation simultané de l’air et de l’eau
• Utilisation ponctuelle d’un instrument rotatif sans digue (par ex : ajustement de l’occlusion)

Conditions d’exercice générant une production importante d’aérosols provenant de liquides biologiques*
• Utilisation soutenue de la seringue air-eau
• Utilisation soutenue d’un instrument rotatif sans digue
• Utilisation d’un instrument à ultrasons
• Utilisation d’un aéropolisseur

*Le praticien doit suivre la démarche décrite en 5.1.2 (page 14) pour réduire la quantité d’aérosols contaminés.

c) Concernant le renouvellement de l’air
• Aérer au moins 15 minutes, fenêtre grande ouverte (cf. annexe 4) après :
-> Toutes les situations cliniques chez un patient du groupe 2 ;
-> Toutes situations cliniques générant une quantité importante d’aérosols chez un patient du groupe 1 ;
• Aérer dès que possible et pendant toute la phase de bionettoyage (afin d’assurer un apport d’air neuf) dans les situations cliniques générant une quantité faible d’aérosols chez un patient du groupe 1 ;
• En dehors de ces situations (par exemple pour une vacation complète avec des patients du groupe 1 et sans aérosol) aérer la salle de soins au moins trois fois par jour au moins 15 minutes.

d) Concernant la protection de la tenue de professionnelle
• La tenue professionnelle doit être changée au minimum quotidiennement et dès qu’elle est souillée ou mouillée.
• Pour la prise en charge des patients du groupe 1 :
-> Si la tenue professionnelle risque d’être mouillée ou souillée, il est recommandé qu’elle soit protégée, au minimum, par un tablier plastique (ou par une surblouse) ;
• Pour la prise en charge des patients du groupe 2 :
-> Quel que soit le type de soins prévu, la tenue professionnelle doit être totalement protégée, soit par une surblouse (ou à défaut par un tablier plastique complété par des manchons de protection) ;

e) Concernant le nettoyage des sols
• Nettoyage des sols (par balayage humide, sans utiliser d’aspirateur), 1 fois par jour, en fin de journée :
-> L’usage d’un détergent-désinfectant habituel est suffisant. L’usage d’un produit virucide EN 14 476 n’est plus obligatoire ;

Thomas Fatome, futur directeur général de la CNAM ?

Depuis le départ de Nicolas Revel pour Matignon où il a été nommé directeur de cabinet du nouveau Premier ministre Jean Castex, la direction générale de la Caisse nationale d’Assurance maladie (CANM) restait sans capitaine.

Le Conseil d’Administration de la CNAM a reçu la candidature de Thomas Fatome, proposée par les ministres Olivier Véran (Santé et Solidarités) et Olivier Dussopt (Comptes publics). Dans les jours qui viennent, le conseil d’administration sera chargé de rendre un avis consultatif sur cette proposition. Le conseil peut s’opposer à cette nomination à la majorité des deux tiers de ses membres.

Originaire de Cherbourg, ce fils d’une professeur d’allemand et d’un médecin généraliste de 45 ans est diplômé de HEC. Il a fréquenté l’ENA aux côtés d’un certain Alexis Koehler, actuel Secrétaire général de la Présidence, et d’Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie du nouveau gouvernement.  Il a commencé sa carrière comme inspecteur général des Affaires sociales avant de rentrer en cabinet ministériel (Philippe Douste-Blazy, Christine Lagarde, Xavier Bertrand, …). Il sera le maître d’oeuvre de la grande réforme de l’assurance maladie.

En 2010, Nicolas Sarkozy l’appelle à rejoindre son équipe à l’Elysée et il devient son conseiller chargé de la santé, de la dépendance et des politiques sociales. En 2012, il prend le poste de directeur de la Sécurité sociale, un rôle majeur. Il rejoint ensuite Edouard Philippe à Matignon comme son directeur adjoint de cabinet en 2017.

S’il est nommé, le nouveau directeur général de l’Assurance maladie devra soutenir les professionnels de santé frappés de plein fouet par la crise du Covid-19 tout en suivant son credo : respecter les grands équilibres financiers. Dès sa nomination effective, l’Union Dentaire le rencontrera et demandera notamment l’accélération de la mise en application de mesures prenant en charge les impacts du Covid sur notre exercice.

Thomas Fatome passe pour un cador des Affaires sociales. Espérons que cet amateur de séries sache écouter nos revendications et porter une vision moderne des relations conventionnelles.

 

L’été arrive. Et après, que va-t-il se passer pour nous?

Nous avons pu constater vendredi dernier lors du dernier Groupe de Travail Objectivation de la perte d’activité et des coûts liés aux équipements de protection individuelle  que la trêve estivale était déjà arrivée du côté des institutionnels. Sans Directeur général à la barre de l’Assurance Maladie depuis le départ de Nicolas Revel pour Matignon, les discussions sont donc remises… à une date ultérieure.

L’été aura, en 2020, une saveur toute particulière tant les contextes économique, sanitaire et social sont tendus.

 

En effet, alors que la remise à plat du système hospitalier et des rapports ville-hôpital se définissent au sein du Ségur de la santé auquel vient de participer l’Union Dentaire, les suites de la première vague de la COVID 19 impactent toujours notre exercice.

 

Si notre profession a su activer les leviers qui nous ont permis de traverser l’épreuve (chômage partiel, prêt garanti par l’Etat (PGE), aide de la CARCDSF et participation de l’Assurance Maladie (AM) à nos pertes), notre façon d’exercer a été largement impactée et continue de l’être.

 

Bien que notre profession ne soit pas ni la plus demandeuse, ni la plus concernée, ce Ségur de la santé, outre l’amélioration de la rémunération des personnels soignants, devra modifier dans l’avenir la relation entre les soins de ville et les soins hospitaliers, non seulement par le biais d’une permanence des soins (PDS) plus concertée, mais aussi par la montée en puissance des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

 

L’Union Dentaire joue pleinement son rôle, en étant présente dans les différentes commissions paritaires qui se mettent en route.

 

Notre profession aura su réagir et s’imposer en tant que discipline médicale à part entière et bénéficier d’un certain nombre d’aides, dont la plus importante, négociée par les seuls syndicats signataires de la Convention, et profitable à l’ensemble des praticiens, est celle de l’Assurance Maladie (pour rappel, la seconde déclaration concernant la période du 11 au 31 mai, doit être faite avant le 15/07).

 

Des négociations, menées elles aussi par les seuls syndicats signataires, sont actuellement en cours, notamment pour un forfait COVID demandés par l’UD, afin de palier notamment  à la perte d’activité liée au temps d’aération  imposé pour les soins aérosolisants.

 

Des protocoles précis et stricts ont été établis, qui mettent notre profession dans des difficultés que nous ne connaissions pas et qui risquent de perdurer. Outre le fait que l’UD demande leur adaptation  notamment dans les départements ou régions à faible circulation virale, notre demande sur les tests a été acceptée, et aujourd’hui tout chirurgien-dentiste peut bénéficier d’un test de dépistage.

 

L’avenir va nous amener à une réflexion sur nos exercices, et plus particulièrement sur les conduites à tenir en cas de poursuite de la pandémie mais aussi en cas de toute nouvelle épidémie.

Les  habitudes, prises dans nos échanges par le biais des visioconférences, devraient aboutir à intégrer, dans notre pratique, la télémédecine sous toutes ses formes : téléconsultation, télésurveillance, télé expertise, télé régulation.

 

Ces évolutions vont se négocier avec un nouveau gouvernement qui devra prendre en compte ces besoins dans le cadre d’une économie en berne.

Gageons que notre ministre, en place depuis quelques mois, aguerri à cette période de combat, saura trouver les ressources nécessaires pour que l’Odontologie reste à son niveau performant.

 

Votre syndicat, l’Union Dentaire, restera sur tous les fronts pour vous défendre et défendre notre profession.

Monsieur le Président, allégeons les protocoles !

L’Union Dentaire soutient :

 

  • l’allègement des protocoles avec des solutions régionales adaptées aux particularités locales et à l’évolution de la situation sur les territoires
  • le dépistage des chirurgiens-dentistes et de leurs personnels afin d’avoir une enquête épidémiologique national valable et défendre notre profession face à ceux qui nous ont sommairement décrits comme les “plus grands contamineurs de France”

 

Pour cela, l’Union Dentaire publie ce soir une lettre ouverte au Président de l’Ordre National des Chirurgiens-Dentistes.

 

LETTRE OUVERTE A M. SERGE FOURNIER
PRÉSIDENT DU CONSEIL NATIONAL DE L’ORDRE DES CHIRURGIENS-DENTISTES

« ALLÉGEONS LES PROTOCOLES & LANÇONS UNE ENQUÊTE ÉPIDEMIOLOGIQUE POUR LA PROFESSION »

 

Paris, le 6 juillet 2020

Monsieur le Président,

Le Conseil National de l’Ordre a promulgué des protocoles de soins le 11 mai 2020 sur l’ensemble du territoire. La situation sanitaire ayant fortement évolué depuis, il nous apparait aujourd’hui indispensable de les revoir le plus tôt possible.

L’Union Dentaire vous demande, et vous appuiera, dans tout allègement de ces protocoles en concordance avec l’évolution de l’épidémie en France. Il serait logique et opportun que ces allègements correspondent à la situation sanitaire du département voire même à l’échelle d’une ville.

Des études scientifiques commencent à analyser nos pratiques et montrent un rôle contaminant bien moins important qu’initialement avancé. Parallèlement, certains pays ont mis en place des protocoles différentiés et évolutifs par région.

Notre profession a été dépeinte par certains représentants de la profession comme la plus contaminante et la plus contaminée (sic) par la Covid-19, sans absolument aucune justification probante. Il nous faut maintenant subir ce qui est devenu un préjugé. Nous n’avons jamais compris l’objectif de ces propos et chaque chirurgien-dentiste, aujourd’hui, en paie les conséquences.

Nous invitons nos confrères et nos consœurs à effectuer un test pour se faire dépister*. Cela permettrait, à titre personnel, de connaitre l’état de santé du praticien, et de manière plus large, de lancer une grande enquête épidémiologique. Une première étude a été réalisée dans les départements alsaciens très impactés par cette épidémie. Les résultats, bien que trop parcellaires, semblent contredire la dangerosité arguée par certains. Cette étude sérologique, à l’échelle de tous les personnels des cabinets dentaires, permettra de faire la lumière sur la réalité de la contamination liée à la Covid-19 au sein des professionnels dentaires. Il permettra aussi d’évaluer le risque réel de la pratique dentaire, pour nos patients et nos personnels. A ce jour, des études menées chez les professionnels de santé à l’étranger révèlent que notre profession est l’une des moins touchées par le virus.

Ces deux décisions fortes que nous vous demandons sont de votre ressort. L’Union Dentaire et l’ensemble des chirurgiens-dentistes et personnels des cabinets dentaires seront à vos côtés pour soutenir ces deux mesures bénéfiques pour la pratique et l’image de notre profession.

L’Union Dentaire

* Arrêté du 25 juin 2020 paru au journal officiel, les professionnels de santé peuvent bénéficier d’examens de détection du génome du SARS-CoV-2 et/ou d’examens de recherche des anticorps dirigés contre ce virus : à leur demande et sans prescription médicale, sur présentation de la CPS, dans le laboratoire de biologie médicale de leur choix.

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000042041217&categorieLien=id

 

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