40000 conventions pour 40000 dentistes ?

Par Sébastien ABIN, Secrétaire Général Adjoint National

 

 

Les négociateurs conventionnels dialoguent actuellement pour trouver une solution qui engagera les praticiens conventionnés vers une nouvelle et une meilleure prise en charge des soins conservateurs, de certains actes de prévention mais aussi de nouveaux actes visant à conserver la vitalité pulpaire.

Le montant de ces revalorisations sera à comparer, bien entendu, avec celui de la perte d’Entente Directe, due aux plafonnements tarifaires, qui accompagnera et grèvera le montant précédent en diminuant tout autant le bénéfice net pour la profession.

L’axe relatif aux plafonnements était établi depuis le début des négociations en septembre dernier et les 3 syndicats représentatifs présents aux négociations ont choisi de participer aux débats et aux confrontations d’idées en sachant vers quoi nous nous dirigions.

 

 

La séance du 16 Février a confirmé le schéma général voulu par l’UNCAM, avec :

 

  • Une revalorisation des soins conservateurs qui va dans le bon sens mais dont le montant est encore trop faible pour initier le changement de paradigme que tout le monde souhaite. Ces nouveaux tarifs proposés par la caisse ne permettent pas à l’UD d’envisager une quelconque signature pour le moment.

 

  • La création de 3 paniers prothétiques qui mérite d’être approfondie au niveau contenu et distribution des actes. Actuellement, il existerait un panier RAC zéro, un panier maîtrisé et un panier libre. La recherche de l’amélioration de l’accès aux soins prothétiques, par la mise en place politique du panier sans reste à charge, ne peut ni ne doit créer une dérive de notre exercice vers des soins de moindre qualité, dérive provoquée par cette recherche inexorable d’une santé gratuite pour tous. Ce concept audacieux peut aussi entraîner de nombreuses déviances, déjà constatées dans les cliniques low-cost et les soins réalisés à l’étranger. L’UD continuera à veiller et à se battre jusqu’au bout des négociations pour que la qualité et la reconnaissance de l’excellence soient garanties par le texte final.

 

  • Chaque acte prothétique, présent dans les 2 premiers paniers, posséderait une valeur ou un tarif plafonné. Ceux présentés lors de la dernière séance plénière sont, selon un schéma classique lors de négociations, en deçà des espérances de la profession. L’UD continuera bien sûr à négocier le montant de ces contreparties en n’excluant aucun exercice ni aucune spécificité géographique de ses propositions et réflexions.

 

  • L’accès au panier RAC zéro se doit d’être conditionné au respect d’un parcours vertueux de prévention et de consultation validé par le patient et lui permettant d’y avoir accès. Cette proposition estampillée UD et proposée au Directeur de l’UNCAM, Nicolas Revel, doit devenir une mesure forte et permettre, à l’ensemble de notre profession et de nos patients, de se projeter vers un parcours de santé et de réhabilitation bucco-dentaire, objectif indispensable pour une meilleure santé générale. L’UD continuera à défendre cette idée permettant de responsabiliser et de gratifier les patients les plus respectueux de leur état bucco-dentaire. 

 

 

Vous l’avez compris, cette négociation ne fait que commencer, le plus dur est à venir et la résolution de cette équation à multiples facteurs s’avère être longue et extrêmement délicate.

L’UD ne se résoudra pas à écouter ou à proposer une politique faite d’oxymores ou d’incantations mais bien à assumer son rôle de syndicat incontournable, celui qui décidera de l’avenir de cette négociation, en apposant ou pas sa signature au texte qui engagera l’ensemble des praticiens conventionnés. Notre syndicat et notamment l’ensemble de ses négociateurs, feront tout leur possible pour obtenir le meilleur texte avec les meilleures conditions, en respectant évidemment les règles préalablement établies, mais surtout en défendant vos intérêts, vous qui nous avez donnés cette capacité d’engager votre avenir professionnel au travers cette négociation conventionnelle.

 

 

Il serait bien sûr facile de pouvoir signer sa propre convention, en fonction de ses convictions, de son exercice particulier ou bien de sa localisation géographique mais la loi ne nous le permet pas. Elle désigne, par les urnes, les conditions et les représentants de cette négociation qui devront permettre d’aboutir à l’élaboration du texte final.

Il n’y aura donc jamais 40 000 conventions individuelles mais une seule, celle qui permettra, si elle est signée, d’éviter la mise en place d’un règlement arbitral et l’ensemble des contraintes qui en découlent.