Olivier Véran, prochain ministre de la santé ?

“On ne peut pas changer en profondeur un système s’il n’y a pas de confiance”

 

Après cinq années de néant, les professionnels de santé attendent avec impatience de leur nouveau ministre les actions indispensables au retour de la confiance et à l’évolution de leurs secteurs.

 

Le docteur Olivier Véran sera-t-il cet homme ?

Professionnel de santé, le docteur Véran l’est sans aucun doute. Il est toujours en exercice malgré son engagement politique. Il connait bien notre quotidien mais son exercice exclusif en milieu hospitalier lui aura-t-il permis de percevoir les nécessités liées à un exercice libéral ? Choisira-t-il de tourner le dos au dogmatisme de sa prédécesseure en matière d’opposition entre le milieu hospitalier et la médecine de ville ?

 

Homme d’action, il l’est également.

Il connait le terrain de l’opposition et de la contestation. Il a « fait ses classes » au sein de l’ISNI (1). Il connait aussi la négociation conventionnelle.

Son parcours politique lui a permis de prendre position sur des sujets qui nous interpellent comme la prévention, le tiers payant – qu’il veut rendre généralisable (2) – ou encore la prise en charge des prothèses à 100 % (3).

Tous ces thèmes sont à décliner au sein de notre profession.

Les chantiers en dentaire sont encore inaboutis. Nous attendons de notre nouveau ministre de la santé qu’il nous rencontre, nous écoute et nous entende.

Nous ferons savoir à Olivier Véran que la négociation interrompue unilatéralement avant son achèvement doit reprendre et que l’Union dentaire y est prête.

L’entretien que nous demanderons sera pour nous l’occasion d’aborder les problématiques générales (retraite, formation, …) et spécifiques de notre profession et de notre exercice libéral.

 

 Qui est Olivier Véran ? Parcours

Né en 1980, le 22 avril, à Saint-Martin-d’Hères (Isère), il est actuellement médecin neurologue hospitalier au CHU de Grenoble

Il s’implique dans la vie étudiante très tôt au cours de ses années d’étude en intégrant la corpo, et connait aussi les affres des stages d’internat.

Vient ensuite le temps de l’engagement syndical en intégrant l’ISNI où il obtient le poste de vice-président, porte-parole. C’est pour lui l’occasion de rencontrer celle qui le fera entrer au parti socialiste : Mme Geneviève Fioraso, alors députée de circonscription.

Doctorat en poche, il s’inscrit à Science-Po Paris, en parallèle de son poste de chef de clinique, pour faire un « executive master » en gestion et politique de santé afin de « comprendre les rouages du système ». Le thème de son mémoire de fin cycle : les déserts médicaux ! Il en sera tiré un extrait publié dans les Tribunes de la santé (4).

Côté politique, il devient le suppléant de Mme Fioraso et siégera à l’Assemblée Nationale du 22 juillet 2012 au 5 avril 2015. Ce sera pour lui l’occasion de plancher, entre autres en 2015, sur la loi de modernisation de la santé pour laquelle il est rapporteur du volet prévention, ou encore sur les lois de financement de la Sécurité sociale.

Il y rencontre alors Emmanuel Macron dont il deviendra conseiller et porte-parole santé pendant la campagne présidentielle.

 

Monsieur le député en chiffres  (5)

Durant les 26 mois de son mandat : 83 semaines d’activité, 148 présences en commission, 472 interventions en commissions (dans le top 150), 463 intervention longues en hémicycle (dans le top 150), 354 amendements proposés (dans le top 150), 7 rapports écrits (dans le top 150), 28 propositions de loi signées (dans le top 150), 76 questions écrites, 7 questions orales.

Ses principaux travaux durant la période

 

Monsieur le prochain ministre en une phrase (ou plus)

« Je trouve qu’on ne porte pas une attention assez forte à ces très nombreux soignants qui prennent soin des autres. Il faut qu’on prenne soin d’eux aussi. J’ai envie de travailler à l’amélioration des relations et de la confiance avec eux. On ne peut pas changer en profondeur un système s’il n’y a pas de confiance. C’est pour moi l’impératif. » (6)

 

 

 

(1) ISNI : InterSyndicat National des Internes

(2) http://www.leem.org/sites/default/files/synth%C3%A8se-Macron.pdf

(3) http://www.acuite.fr/actualite/profession/111550/comment-emmanuel-macron-veut-rembourser-les-lunettes-100-le-bras-de-fer

(4) Véran, O. 2013. Des bacs à sable aux déserts médicaux : construction sociale d’un problème public. Les Tribunes de la santé n° 39 (2):77–85

(5)  https://www.nosdeputes.fr/olivier-veran

(6) Extrait de l’interview de Olivier VERAN par Sandy Berrebi-Bonin le 7 mai 2017 pour Egora