Déclaration d’ouverture

22 SEPTEMBRE 2016

Dans quel état d’esprit, et dans quels buts l’Union Dentaire s’engage dans ces négociations ?

Pour l’Union Dentaire quelle est la situation de notre profession ?

Nous déplorons le désengagement de l’assurance maladie obligatoire depuis près de trente ans. En raison de l’érosion monétaire nous assistons à une dégradation de nos conditions d’exercice professionnel.

  • Les valeurs de la CMU-C sont figées depuis 10 ans. Elles ont perdu près de 15% de leur valeur, et pourtant les comptes nationaux de la santé pointent une augmentation très significative de la dépense de l’État. Prouvant ainsi que la profession assume ses responsabilités en accueillant les plus démunis, malgré ce blocage.
  • La prévention reste insuffisante, les actes de soins conservateurs et chirurgicaux perdent de leur valeur, malgré quelques revalorisations.
  • Les actes nouveaux ne sont pas pris en charge.
  • La prise en charge des actes de prothèses dentaires et d’orthodontie est inchangée depuis près de 30 ans.

Cette situation conduit notre profession dans une impasse. Les conséquences sur la santé publique de nos concitoyens sont visibles au travers des dérives et perversions qu’elle porte en germe.

  • Nous n’acceptons plus les attaques médiatiques qui nous rendent responsables de l’exclusion d’un tiers de la population de l’accès aux soins dont elle a besoin. Pour l’Union Dentaire ce scandale qu’on lui impose n’est pas digne d’un pays moderne.
  • Nous n’acceptons pas que la puissance publique subventionne la création de centres qui se disent low-cost. Ces officines profitent de la crédulité et de la fragilité de nos patients qui sont l’impossibilité de réaliser les soins prothétiques dont ils ont besoin, en raison d’un reste à charge trop important. Nous condamnons leur modèle économique qui vise à multiplier des actes, au prix trop souvent de sur traitement voire de mutilations condamnables pour tirer bénéfice de leur situation de fragilité.
  • Nous combattons les réseaux qui détruisent la relation de confiance tissée entre des praticiens libéraux et leur patients en les orientant vers d’autres professionnels dans le seul but de maîtriser les coût de prothèses. Nous souhaitons qu’ils se réoriente vers une dynamique qui favorise les engagements portant sur la qualité des soins, la responsabilisation des patients et la médicalisation de notre exercice.

Pour l’Union Dentaire, ce constat est largement partagé. Les discussions qui s’ouvrent aujourd’hui sont déterminantes pour l’avenir de notre profession. Chaque chirurgien-dentiste, mais aussi les patients qui nous confient leur santé sont en droit d’attendre des pouvoir publics les moyens d’un accord ambitieux pour créer une nouvelle dynamique de santé publique. Les trois syndicats représentatifs de notre profession, conscients de cet enjeu sont déterminés à relever ce défi. C’est ce qui nous a motivés à dialoguer sans tabou, dans le souci de l’intérêt général, pour parvenir à écrire une plateforme commune. Cet accord est historique, c’est la première fois que nous sommes unis à la veille d’une négociation conventionnelle dentaire.

Pour l’Union Dentaire, l’équilibre économique de nos cabinets ne peut passer durablement par la prothèse dentaire et/ou les actes non pris en charge. Il faut changer de paradigme, mettre la prévention et les soins précoces au cœur de notre exercice par une politique de revenus ambitieuse qui favorise les choix thérapeutiques plus conservateurs, plutôt que l’échec qui conduit à la prothèse. 

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La délégation Union dentaire ce 22 Septembre

L’Union Dentaire, souhaite que notre négociation puisse déboucher sur :

  • Une priorité donnée aux soins précoces qui se traduise par une revalorisation significative des soins opposables.
  • La revalorisation du panier des actes relevant de la CMU-C, avant toute discussion sur l’ACS.
  • Une dynamique ambitieuse de prévention élargie, coordonnée avec les autres professionnels de santé et notamment nos consœurs et confrères médecins, et à la mise en œuvre d’un suivi régulier des soins qui engage nos patients dans une voie de responsabilité.
  • Un engagement fort sur la compensation et la concomitance de toute nouvelle obligation.

Ces conditions sont nécessaires pour que l’Union Dentaire puisse engager la profession. 

L’Union Dentaire réaffirme solennellement son opposition à tout accord qui conduise au tiers payant généralisée sur la part obligatoire ou complémentaire. C’est au chirurgien-dentiste, dans le colloque singulier qu’il a avec son patient d’en définir le cadre et les conditions d’application, dès lors que les problèmes techniques relatifs à sa mise en œuvre seront résolues.