Observateurs ou Négociateurs : les masques tombent !

Le 7 septembre dernier, à quelques jours de l’ouverture des négociations conventionnelles, l’Union Dentaire faisait part de sa détermination face aux régimes d’assurance maladie et appelait les autres négociateurs de la profession à s’inscrire eux aussi dans un processus de longue durée (*), seule possibilité pour traiter de façon sérieuse l’ensemble des problématiques conventionnelles.

Deux mois et trois séances de négociation plus tard, il semble que certains représentants de la profession aient le désir, une fois encore, de troquer leur statut de négociateurs pour celui d’observateurs. Un rôle plutôt confortable, à l’abri de toute responsabilité à l’égard de la profession, mais surtout un « abandon de poste » impossible à comprendre – et encore plus à justifier – alors que les sujets de fond commencent tout juste à être abordés en séance de négociation.

 

La question du plafonnement de certains actes de prothèse serait, semble-t-il, à l’origine de cette prise de position pour le moins surprenante. Pourtant, lors de la séance de négociation du 15 septembre dernier, aucun syndicat – cela doit être souligné – n’a rejeté explicitement ce principe. Au contraire, celui-ci a été admis comme la contrepartie acceptable à une forte revalorisation des actes de prévention et de soins conservateurs. Prétendre aujourd’hui le contraire serait contraire à la réalité des faits. Le remettre en cause serait faire preuve de couardise en refusant de traiter le vrai sujet de ces négociations : le niveau des revalorisations d’une part, la définition et les limites du plafonnement d’autre part.

Chacun de nos syndicats représentatifs doit l’entière vérité à la profession, car celle-ci, dont l’avenir se joue dans le cadre de ces négociations, ne peut se satisfaire de postures et de déclarations de rebelles en chambre. Ce que nos consœurs et nos confrères attendent très légitimement, c’est un engagement de ceux qui les représentent face aux régimes d’assurance maladie, c’est une participation active, constructive et déterminée à l’élaboration de notre exercice conventionnel de demain. Qui pourrait comprendre qu’un syndicat représentatif, quel qu’il soit, veuille baisser les bras et se défausser de ses responsabilités au moment même où il devrait au contraire faire preuve de la plus grande pugnacité ?

 

Le règlement arbitral a été reporté de quelques mois et cela n’a pas empêché nos syndicats, y compris celui qui faisait de son abrogation un préalable, de se retrouver autour de la table de négociation. Nous savons tous que pour avancer, nous devons faire la part des choses et nous attacher à la recherche de solutions acceptables par l’ensemble des parties, c’est-à-dire à la recherche d’un compromis. Mais compromis n’est pas compromission, nous voulons le rappeler à ceux qui seraient aujourd’hui tentés de se transformer en simples observateurs.

 

N’oublions pas que nous, négociateurs, ne sommes que les mandants de nos consœurs et de nos confrères et que notre seule légitimité réside dans la confiance qu’ils placent en nous. Voilà pourquoi nous devons en permanence faire preuve de persévérance et de responsabilité, et nous faire un devoir de n’abdiquer jamais.

 

 

 

 

(*) L’UD est prête pour une négociation au long cours.