Pour l’avenir de la profession

Par Philippe Denoyelle, Président de l’UD

 

Présidentielles, législatives, (re)composition du gouvernement, rédaction des « feuilles de route » : les indispensables étapes préliminaires sont maintenant achevées et le décompte du temps de l’action gouvernementale, celui du respect – ou non – des engagements de campagne, vient de commencer. L’Union Dentaire plaide pour la définition sans délai d’un nouveau calendrier conventionnel et appelle la ministre des Solidarités et de la Santé ainsi que l’UNCAM à se prononcer sans ambiguïté sur l’ouverture prochaine d’une nouvelle session de négociations conventionnelles.

 

Négocier, oui, mais dans quelles conditions par rapport au règlement arbitral ? Les administrateurs nationaux de l’Union Dentaire ont donné tout récemment une réponse simple et claire à cette interrogation en réclamant « dans les plus brefs délais de nouvelles négociations conventionnelles conditionnées à la non-application du règlement arbitral » (*).

 

Cela signifie que l’Union Dentaire acceptera d’être présente à la table des négociations dès lors que le règlement arbitral ne sera pas appliqué, par exemple si sa mise en œuvre est suspendue ou rapportée. Mais elle ne fera pas un préalable de son abrogation par la voie législative, une réclamation qui ne pourrait aboutir au mieux que dans plusieurs mois et dont les chances de succès sont quasiment inexistantes. Notre syndicat laisse une revendication aussi maximaliste à ceux qui souhaitent surtout que rien ne change afin que leur petit fonds de commerce continue à vivoter sans rien apporter de positif à la profession.

 

L’Union Dentaire a choisi une autre voie, car nous croyons en l’avenir de l’exercice libéral et nous sommes convaincus que la transformation du système conventionnel est possible, en particulier dans le cadre d’un tripartisme actif, sans abandonner une seule des valeurs auxquelles nous sommes attachés. Il n’est pas envisageable pour nous que la profession risque de rater un rendez-vous essentiel pour son avenir à cause du dogmatisme ou de l’opportunisme de certains de ses représentants.

 

Soyons ambitieux pour la profession que nous avons choisie et que nous aimons, mais sachons ne pas perdre pour nous-mêmes le sens des réalités : les seuls intérêts à défendre pied à pied sont ceux de nos consœurs et de nos confrères, les seules revendications légitimes sont celles que, par leur vote, ils nous ont donné la charge de porter face aux pouvoirs publics. Cela exclut toute forme de provocation gratuite qui serait incompatible avec la responsabilité particulière qui découle du statut de syndicat représentatif.

 

Priorité à la prévention et aux soins conservateurs, panier de soins essentiels, globalisation inter-régimes des financements de ce panier, dispositif de suivi régulier, telles sont les principales propositions soutenues depuis plusieurs années par l’Union Dentaire pour servir de fondements à une réforme du secteur dentaire. Qu’y a-t-il derrière le panier de soins « indispensables » que préconise aujourd’hui la ministre de la Santé, en quoi pourrait consister le nouveau partage de la prise en charge entre régimes obligatoires et complémentaires, quel place entend-elle vraiment donner à la prévention ?

 

Toutes ces questions nous interpellent, de même que nous nous interrogeons sur les niveaux de valorisation de ces actes de soins indispensables, le périmètre – donc les limites – de l’opposabilité, les conditions de mise en œuvre de ce panier ou la signification réelle de l’engagement de rendre le tiers payant seulement « généralisable » ? Nous savons que nous ne pourrons en savoir davantage que lorsque ces projets seront déclinés et présentés par l’UNCAM dans le cadre des négociations conventionnelles. Et nous savons que toutes ces questions sont fondamentales pour l’avenir de notre exercice conventionnel.

 

Autant de raisons pour que l’Union Dentaire appelle de façon pressante Mme Agnès Buzyn à entendre l’appel que nous lui lançons aujourd’hui : madame la ministre des Solidarités et de la Santé, ouvrez sans tarder de nouvelles négociations conventionnelles pour notre profession !

 

 

 

 

(*) motion adoptée à l’unanimité le 22 juin 2017 par le Conseil d’administration national de notre syndicat.