Les actions collectives sont indispensables !

 

Sous couvert de « modernité », il est souvent de bon ton de critiquer les organisations syndicales en raison même de leur nature, à savoir de leur rôle d’intermédiaire entre des pouvoirs, quels qu’ils soient, et des individus appartenant à un même groupe professionnel. Les syndicats dentaires n’échappent pas à ce phénomène, même si notre profession demeure globalement une des plus syndicalisées, en particulier parmi les professionnels libéraux.

 

L’action propre des syndicats n’est certes pas le seul moyen de faire pression sur les décideurs de toute nature. Des initiatives extra-syndicales sont toujours les bienvenues en période de crise et d’affrontement, dès lors qu’elles sont respectueuses du droit et qu’elles peuvent se révéler pertinentes au regard des objectifs poursuivis. Ainsi, l’Union Dentaire ne considère pas comme « concurrentielles » certaines des actions entreprises par les CCDeLi : bien au contraire, notre syndicat leur apporte son soutien dans les départements.

 

Mais en dépit de leur intérêt et de la capacité de mobilisation qu’elles représentent, de telles actions ne peuvent investir tous les champs de l’action collective : en matière conventionnelle, par exemple, les leviers ne peuvent être actionnés que par les syndicats signataires. Il en est ainsi du blocage des instances conventionnelles initié par l’Union Dentaire. Notre action a immédiatement porté ses premiers fruits et aujourd’hui le blocage des commissions, tant à l’échelon national qu’au niveau des départements, empêche les caisses de fonctionner comme elles le souhaiteraient. Notre action a grippé la machine assurance maladie.

 

L’Union Dentaire, chacun le sait, n’est pas une organisation activiste. Nous laissons à d’autres les initiatives sans lendemain et le plaisir malsain de souffler en permanence sur les braises. Notre objectif est clair, nous l’avons maintes fois répété : obtenir le retrait du règlement arbitral et l’ouverture de nouvelles négociations conventionnelles. Toute notre action est tendue vers ce but, pour une véritable transformation de l’exercice de l’ensemble de nos consœurs et confrères conventionnés. Il n’y a donc dans notre démarche aucune place pour l’aventurisme ni l’agitation, mais une conscience claire et déterminée de nos responsabilités.

 

Un certain nombre de nos consœurs et de nos confrères pourrait en toute bonne foi imaginer que le temps de l’action syndicale est passé et que les corps intermédiaires (encore une expression qui peut sembler bien ancienne !) n’auront plus leur place dans le monde de demain, un monde de « one to one » généralisé. Les événements que nous vivons actuellement, avec la contestation du règlement arbitral et la recherche de nouvelles négociations, montrent au contraire à quel point les syndicats professionnels – tous, sans exception – demeurent indispensables. Pour analyser les situations, pour catalyser les énergies, pour constituer une force capable de peser sur les hommes et les choses et ouvrir ainsi la voie au changement.